Mohamed Ghannouchi

Par Amine Basly

Ghannouchi pendant son règne post BEN ALI n’a montré aucune bonne volonté à en finir avec l’ancien régime et à mettre la Tunisie sur la voie de la démocratie. Pourquoi ? Simplement parce que il fait parti de ce régime et qu’il n’est ni schizophrène ni suicidaire. Voici, brièvement, quelques faits :

1/Un premier gouvernement à majoritairement RCD.

2/Contraint par la rue, Ghannouchi revoie sa copie et forme un deuxième gouvernement presque sans RCD mais toujours pas d’unité nationale.

3/Une offensive policière démesurée est lancé contre les manifestants d’El Kasbah pour les chasser: opération réussie.

4/Nomination de dix neuf gouverneurs RCD sur un total de vingt quatre.

5/La rue gronde contre ces nominations dans toutes les villes et oblige encore une fois le gouvernement à revoir sa copie et nommer de nouveaux gouverneurs non liés à l’ancien régime. Cependant, le cas du nouveau gouverneur de Gabes est révélateur car même accepté par la ville, il a été poussé à la démission. Cause : Le ministre de l’enseignement supérieur a semble t-il fait pression sur le gouvernement dans ce sens.

Les décisions de ce gouvernement montrent qu’il n’a aucune bonne volonté à établir une vraie démocratie, le fait qu’il revienne sur ces décisions à chaque fois est un aveu. Il faut rajouter à cela la propagande pro gouvernementale des médias qui sont toujours sous la coupe de l’ancien régime. Cette situation finie par exaspérer les gens, qui organisent le vendredi 25 Février une manifestation plus importante que celle qui a fait fuir BEN ALI. Néanmoins, des casseurs rémunérés par le RCD se sont invités à l’évènement pour perturber l’ordre public, casser, voler… Objectif: monter l’opinion publique contre les manifestants. Cette stratégie est simple et opère de la manière suivante :

1/Faire régner le trouble et l’insécurité ce qui impacte directe la population et son gagne pain.

2/ Des voies s’élèvent pour critiquer la situation et appellent à l’arrêt des manifestations sous le prétexte de l’insécurité ce qui est légitime comme demande. De ce fait, les gens adhérent plus facilement à ces appels et appellent, à leurs tours, naïvement à l’arrêt des manifestations anti-gouvernementales.

3/ Résultat, les gens oublient le problème primordiale : la politique de ce gouvernement qui est la cause de ces manifestations. Au lieu d’éradiquer le mal on essaye de gommer les effets secondaires.

Le départ de Ghannouchi a marqué un point de départ d’une nouvelle réaction des pro du régime de Ben ALI, qui sont sortis dans la rue suite à l’appel de Ghannouchi dans son discours (majorité silencieuse = majorité RCD d’autre fois). Son discours a lancé aujourd’hui une bataille entre deux parties de la population :

1-Ceux qui se battent pour faire tomber le régime depuis le début de la révolution (citoyens lambda, avocats, juges, étudiants, partis politique exclus de tout,…).

2-Ceux qui veulent à tout prix garder ce régime parce qu’ils en dépendent directement ou indirectement et ne veulent pas être mis de côté. Ghannouchi dans son discours l’a dit clairement, réveillez-vous, sortez de votre silence car on est en train de perdre la bataille. Ce qui nous a permit de revoir ceux qui étaient sortis après le dernier discours de BEN ALI mais cette fois-ci devant la maison de Ghannouchi et devant la coupole.

Les deux parties ne se battent pas à armes égales : la lutte des révolutionnaires repose principalement sur l’organisation des Sit-in et des manifestations pour faire fléchir le gouvernement et le président. Ils utilisent aussi Internet pour expliquer leurs revendications et diffuser leur combat sur le terrain. Les Pro ex-RCD de leur côté essayent d’attaquer et de discréditer les manifestants. En plus des casseurs, leurs armes principales sont la désinformation et la propagande dans les médias classique et sur Internet. Exemple :

– Compagne anti-UGTT (sous prétexte que JRAD est corrompu). L’UGTT a grandement participé à la révolution et continu à le faire, de ce fait, il représente un contre pouvoir important au gouvernement.

– Compagne contre Rashed Ghannouchi et contre Moncef Marzouki et bien d’autres. Si Rashed Ghannouchi avait vraiment du sang sur les mains il aurait jamais été accueilli en Angleterre et encore moins autorisé à revenir libre en Tunisie !

– Compagne contre les manifestants d’El kasbah : sous prétexte que c’est une minorité qui parle au nom du peuple mais qui ne le représente pas. Avec la même logique on pourrait faire revenir BEN ALI et Moubarek car les manifestants représentaient une minorité.

– La liste est encore longue…

Enfin, il existe une troisième partie de la population (la vraie majorité silencieuse). Les deux premières parties se livrent cette bataille pour rallier le maximum de gens de la majorité silencieuse à leur cause. Le destin de la Tunisie est entre les mains de cette composante car c’est elle qui tranchera entre les deux parties. Soit elle penche du côté des révolutionnaires soit du côté de ceux qui veulent maintenir l’ancien régime.