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La majorité de ceux qu’on appelle aujourd’hui islamistes sont des croyants dont la foi a été manipulée et restent récupérables pour l’humanité. Beaucoup sont sincères et peuvent devenir les antis islamistes les plus virulents. C’est la seule affirmation dans cet article que Cheikh Dukhani prétend tirer du coran. Les premiers signes de division apparaissent déjà et les prochains mois seront aussi difficiles pour les Chefs islamistes.

Dans cet article, Cheikh Dukhani use de son droit citoyen de s’exprimer sur la politique de son pays, sans aucune prétention théologique, en dehors de la guidée du Coran.

Cheikh Dukhani est presque content. La Tunisie est entrain de vivre des tranches de vie nécessaires vers la démocratie et l’islam anti-islamiste. Elle est entrain de découvrir que ses prêtres sont menteurs, que les « gens de bien » ne sont pas des « gens de bien », que les pieux ne sont pas pieux, que rien n’est plus menteur que ceux qui se déguisent en chantres de la vertu et de la morale. Parallèlement, elle découvre que l’Etat tout pourri n’est pas patriote et que les hommes politiques, au-delà des belles paroles, mettent leur carrière en avant plan par rapport à toute autre considération. Enfin, elle découvre aussi que la police, les médias et la justice sont totalement prêts à se soumettre et à servir une nouvelle dictature.

L’élite tunisienne commence enfin à comprendre qu’il y a un grand danger à maintenir un peuple dans l’ignorance. Cette élite qui se complaisait à disposer d’une main d’œuvre bon marché, de serviteurs bon marché, commence à comprendre que la populace a le grand défaut d’être sujette au populisme de bas niveau.

L’élite Tunisienne commence à comprendre qu’elle est stupide, qu’elle est incapable de se réunir autour d’idées claires. Elle commence à comprendre que nombreux, en son sein, sont prêts à retourner leurs vestes et acclamer un nouveau dictateur.

Franchement, Cheikh Dukhani est presque content. Alice semble enfin revenir du pays des merveilles. On est loin des déclarations victorieuses et prétentieuses au lendemain du 14 Janvier.

Oui la dictature peut revenir ! Ce qui était une impossibilité est même devenu la destinée la plus probable pour de nombreux Tunisiens. Tous sont désormais unanimes pour dire que les festivités bruyantes du réveillon 2011 ne suffiront pas à garantir le paradis dans notre beau pays. La démocratie et la liberté se méritent et elles ne sont jamais acquises.

Que de progrès réalisés en quelques mois !

Cheikh Dukhani sait pertinemment que l’islam « hyper-cool » qu’il a préconisé dans ces précédent articles est jugé extrémiste même par ceux qui réclament un islam plus « cool ». Nous n’en sommes plus à une contradiction près. L’hypocrisie, en matière religieuse, est un art, une science et un sport pratiqué depuis plusieurs générations.

Faisons l’effort d’être sincères un petit moment. L’islam, en Tunisie comme ailleurs, n’est qu’hypocrisie. Rien n’est plus introuvable qu’un musulman qui passe du temps à lire, étudier et essayer de comprendre le coran. Il est évident que la majorité des Tunisiens est fondamentalement athée, du moins la plupart du temps.

Bien sûr, ils se rappellent leur Dieu lorsqu’un évènement malheureux survient (décès, accident ou autre chose), ou dans une fête religieuse où traditions, gueuletons et foi apparente se mêlent. Mais dans le train-train quotidien, Dieu et l’islam ont très peu de place dans la vie de la plupart des Tunisiens.

Oui, la majorité des Tunisiens est athée, du moins la plupart du temps. Ils ne veulent simplement pas se l’avouer. Ils abhorrent instinctivement la charia mais s’attachent à l’islam car ils estiment qu’il est porteur d’une morale et de vertus capables de constituer le ciment de leur société. Comme le christianisme pour les chrétiens, le judaïsme pour les juifs, l’hindouisme pour les hindouistes et le bouddhisme pour les bouddhistes. C’est une conception utilitariste et hypocrite de l’islam.

L’islam frauduleux de l’islamisme est la meilleure des réponses à la foi hypocrite des musulmans de tradition qui ne connaissent rien à l’islam. C’est cette croyance ridicule en l’utilité d’un islam de tradition, ciment d’une société, qui a été battue brèche par l’expérience de ces derniers mois. L’islam « ciment » s’avère même être une source de division et de méga Fitna religieuse dans le pays. Avec toute cette faune de doctrines, la théorie de l’islam « ciment » des mal-croyants reste un chef d’œuvre d’aveuglement collectif.

La plupart des Tunisiens sont même prêts à affirmer, s’ils arrivaient à surmonter le blocage psychologique et culturel, que plus on est musulman, plus on est inculte et stupide. Face à un barbu ou une niquabée, il est rare de trouver un Tunisien qui puisse être effleuré par le soupçon d’une pensée sur la possibilité d’entamer une discussion sur la culture, l’art, l’économie, la science et tout ce qui mérite, plus généralement, un diplôme dans le monde moderne.

En un mot, après dix mois de religiosité gouvernementale, la plupart des Tunisiens sont prêts à dire que les signes extérieurs de piété sont des marqueurs fiables d’incompétence, d’ignorance, de brutalité, de propension à restreindre les libertés, de favoritisme clanique, de xénophobie religieuse, et de tout un ensemble de défauts et tares mentales complémentaires.

Après dix mois de religiosité gouvernementale, l’islam sans cheikhs est devenu un rêve pour beaucoup de musulmans de tradition. L’islam comme une foi intime sans prétention « sociale » ou « politique » est devenu un fantasme. Cet invention hérétique qu’est l’islam « ciment »,« collectif », saucé à la tradition, même modérée, ne fait plus rêver.

Après dix mois de religiosité gouvernementale, les propos de Cheikh Dukhani ne choquent presque plus. Que l’islamisme soit la théologie du mensonge est devenue une banalité. Que les Cheikhs et les imams soient un danger pour les libertés est devenu un euphémisme. Si ça ce n’est pas des progrès !

Vraiment, Cheikh Dukhani est presque content. Le rejet des cheikhs d’aujourd’hui est une étape nécessaire vers le rejet des cheikhs d’autrefois et la découverte du véritable islam, celui de la purification individuelle et totale de toutes les stupidités produites par les humains. Cheikh Dukhani peut donc se permettre de reprendre un peu d’avance.

La demande populaire pour un anti islamisme conforme à l’islam est criante. Mais les intellectuels Tunisiens sont sourds et aveugles. La demande populaire pour un islam anticlérical est devenue quasiment assourdissante. Mais les intellectuels Tunisiens n’ont qu’un concept emprunté et incompris à proposer, la laïcité. D’autres, encore au pays des merveilles, ne désespèrent pas de créer une nouvelle doctrine d’islam modéré avec une nouvelle race de Cheikhs et d’imams.

Comment rejeter l’islamisme sans rejeter l’islam ? Comment peut on se proclamer intellectuel lorsqu’on est incapable d’entendre cette question ?

Cheikh Dukhani vous le dit et vous le répètes. Les soumis aux prêtres dans toutes les religions sont intrinsèquement une minorité. Tels des asticots, ils ne pullulent que lorsqu’une civilisation est en putréfaction. Ils sont haïs par une majorité tandis que la majorité de ceux qui les suivent le font par simple moutonnerie, intérêt ou crainte d’un pire.

En Tunisie, ils ne connaissent, en majorité, rien à la religion. 60% (ou 75% selon les calculs) des Tunisiens n’avaient pas voté pour eux. En réalité, les islamistes indécrottables sont, à tout casser, 5 % de la population. Mais contrairement aux intellectuels incultes de la Tunisie actuelle, ils ont, eux, des idées, des projets et des rêves à faire partager.

Cheikh Dukhani vous le dit et vous le répètes. Seul un discours fondamentalement anticlérical peut fragiliser le lien hypnotique qui relie les Muslims aux cheikhs à leurs gourous. Ce discours est en revanche une véritable attente pour l’immense majorité des Tunisiens musulmans par tradition. Mais les intellectuels incultes ont décidé de déserter.

Cheikh Dukhani vous le dit et vous le répètes, les Cheikhs sont imbattables dans la rhétorique, la dialectique et le mensonge. Ils sont maitres dans l’art de parler au nom de Dieu et de lui faire dire ce qu’ils veulent. Ils peuvent halaliser ou haramiser ce qu’ils veulent. Halaliser le mensonge et le trucage d’élections est un jeu d’enfants pour eux.

C’est nécessaire pour la bonne cause. C’est tout ce qu’ils auront à dire. Même les américains avec leur CIA se font régulièrement berner. Ils sont incapables de comprendre qu’un adorateur de Muslim et de Bukhari n’a aucune de parole. Ces livres sont le Talmud des islamistes. On y trouve l’équivalent du Kol Nidre Juif.

Avec la désertion des intellectuels, l’anticléricalisme Tunisien, malgré sa vigueur, se voit dans l’obligation de progresser sauvagement dans le cœur des Tunisiens musulmans de tradition. Le parti fantôme Nidaa Tounes grossit, pour le moment, uniquement en surfant sur cette grosse vague populaire.

Quant à l’élite Tunisienne, comme d’habitude, elle fait un faux calcul. Elle est encore convaincue que la crise économique viendra à bout de l’islamisme. Que la victoire finale lui est promise, sans qu’elle n’ait rien à faire d’autre qu’attendre. Elle est convaincue que le totem de la prospérité économique les sauvera. Elle a déjà oublié qu’une dictature n’a pas besoin de nourrir tout le monde. Elle a déjà oublié qu’elle ne peut mobiliser le peuple simplement en lui promettant la possibilité de gagner le SMIG dans ses usines.

Le 23 Octobre prochain, un grand rendez vous démocratique attend les Tunisiens. Accepteront t-ils, tranquillement, que l’hypocrisie démocratique de ces derniers mois bascule dans l’illégitimité la plus totale ? Accepteront t-ils d’être dirigés par des personnes qui outrepassent leur mandat ? Qui s’auto prorogent ? Qui pensent à presque toutes les hypothèses sauf à faire parler les urnes, en démocratie, dans une crise de légitimité ?

La démocratie exige que le peuple soit consulté de nouveau. Ce n’est pas discutable. « Tout autre solution » est une hérésie démocratique. La constituante médite, cogite, discute dans les couloirs. Cette institution chargée d’instaurer la démocratie, incapable de pondre un brouillon constitutionnel présentable en une année, se creuse enfin les méninges pour quelque chose. Quelle est la bonne formule pour s’auto-légitimer sans le peuple ? Comment exister sans lui ?

Le 23 Octobre est une échéance clé dans l’histoire de la Tunisie. Ce sera la date où l’illégitimité tentera de se déclarer légitime dans le dos du peuple. Un antécédent d’une gravité extrême que même BEN ALI et BOURGUIBA n’ont osés faire. Leur pouvoir a toujours été, constitutionnellement et institutionnellement justifié.

Le 23 Octobre, la démocratie, abdiquera contre la promesse qu’un brouillon puisse évoluer en torchon et contre la promesse que tout ira bien si on fait confiance à ceux qui n’ont fait que prouver qu’ils ne la méritaient pas.

Le 23 Octobre, La Tunisie entrera dans un régime gouvernant jusqu’à nouvel ordre, sous influence théocratique. C’est la définition même du califat. Ce sera officiel. On y sera.

Qui peut croire un instant que « les constituants » ont été pris de court par la prochaine échéance du 23 Octobre ? Qui refuse d’y voir un acte délibéré et prémédité de dépasser le mandat ? Qui a cru voir des constituants pressé de boucler leur mission ?

La trahison du mandat populaire est bel est bien un acte prémédité. C’est une constatation qui ne sera contestée que par ceux qui ne veulent pas voir la vérité en face. Par ceux qui sont prêts à reregober la rerepentance des islamistes. Par les éternels cocus de la foi et la piété apparente.

Le 23 Octobre, on sera dans l’antichambre du Califat Démocratique de Tunisie. Les Tunisiens refuseront en majorité de l’admettre. Un califat instauré par forfait de tous les démocrates qu’on a su intimider en agitant le spectre du vide constitutionnel. Un califat qui a su soudoyer ceux dont il avait besoin pour s’installer. Un califat qui a transformé les constituants en indécrottables du fauteuil et en complices corrompus par l’argent et l’égo. La constituante se transforme en Conseil de la choura du Califat. Un Califat qui infiltre ses tentacules dans tous les rouages de l’état avec le mimétisme démocratique digne des pieuvres les plus douées.

Cheikh Dukhani vous l’avait bien dit. Ils sont trop forts. Ils font ce qu’ils veulent en vous faisant voir et entendre ce que vous voulez. Le califat est là. Il s’installe mais les aveugles ne peuvent le voir. « Reviens demain ». C’est ce que dit le califat, chaque jour, à la démocrate.

L’inculture religieuse de l’élite Tunisienne est un crime. Cette inculture les rend incapable de comprendre le mode de pensée islamiste. Pourtant, le concept du pouvoir, selon la science islamiste, est probablement le seul concept clair dans le fatras immonde de la charia des Muslims aux Cheikhs.

A quoi ressemble un pourvoir compatible avec l’islamisme ?

Ceux qui ont étudiés cette question et étudiés les livres sacrés de l’islamisme ne peuvent tirer qu’une conclusion. La démocratie est l’ennemie de l’islamisme. La démocratie est une hérésie islamiste. La démocratie est un ennemi à abattre.

La thèse centrale de l’islamisme et de la charia, même modérée, est que l’islamisme régit tout les aspects de la vie du musulman. La loi de Dieu, telle que portée par ses « nobles savants » passe avant la loi des hommes. La priorité est donnée à la consultation religieuse des « savants » avant la consultation du peuple. Certains « oulémas » vont jusqu’à interdire religieusement le vote. Les plus modérés acceptent le vote populaire tant qu’il ne met pas en cause la primauté législative du conseil religieux suprême.

Il n’y a aucun doute à avoir. La démocratie est condamnée à mort par l’islamisme. La démocratie est du Kofr, du Chirk et tout ce que vous voulez. En exigeant de faire passer la loi des hommes avant celle de « Dieu », le démocrate musulman devient un apostat zigouillable.

Pour la « bonne cause », un islamiste se donne le droit de se déclarer provisoirement démocrate. Ce n’est qu’une stratégie pour accéder au pouvoir.

Les hadiths Sahihs sacrés de l’islamisme sont clairs et indiscutables. Le seul régime légal est le califat. La Khilafa veut dire « la succession ».

C’est de la succession du prophète qu’il s’agit. Elle est religieuse. Elle a pour but de maintenir la oumma dans la voie de Dieu sous la guidée de ses « nobles savants ». Le concept de « choura des savants » relève du sacré. C’est le premier pilier de l’islamisme. C’est le fondement de l’islam aux Cheikhs. C’est de la théologie islamiste élémentaire.

Les Hadiths Sahihs sacrés sont clairs. Désobéir à l’émir revient à désobéir à Dieu. Le bon musulman ne doit désobéir à l’émir que lorsque celui ci demande à désobéir à Dieu (dans un califat sous tutelle théocratique, vous pouvez toujours attendre). Désobéir à l’autorité est un crime religieux. Toute révolte ou révolution contre un gouvernement militant sur la voie de Dieu est un crime.

C’est de la théologie islamiste élémentaire.

Tous ces hadiths sont dans les livres des abominables Muslim et Bukhari. Ils ne sont pas contestables pour un islamiste. Ce n’est pas possible. N’importe quel islamiste sincère vous le dira. Les traces de cette pensée est présente partout. Mais l’inculture religieuse des intellectuels les empêche de les voir.

La démocratie ne peut en aucun cas coexister avec les livres de la sunna rédigés par les faussaires Muslim et Bukhari. C’est impossible. Il faut définitivement oublier cette absurdité.

Dans un esprit islamiste pieux, le gouvernement actuel de la Tunisie est légitime pour l’éternité, quelque soit ce qui est écrit dans les institutions. Si le vote du 23 octobre 2011 peut être assimilé théologiquement à une moubayaa (acclamation), les prochaines élections sont incontestablement illégitimes. Le gouvernement actuel a une mission divine et ce sont les futures élections qui risquent de mener la Tunisie vers l’illégitimité, le Kofr et la mécréance.

Dans un esprit islamiste pieux, il n’y a désormais qu’un seul problème. Comment s’assurer que les prochaines élections, si elles ne peuvent être évitées, garantissent un résultat conforme à l’islamisme et à la volonté de Dieu telle que dictée par ses « nobles savants ». C’est le seul acquis de la révolution que les gardiens de la révolution entendent garder. L’endoctrinement de nos enfants est déjà à l’ordre du jour car l’islamiste pieux pense déjà aux futures générations. Il est hors de question que les Koffars reprennent le pouvoir. C’est inimaginable.
Toutes les autres questions sont subsidiaires.

L’inculture religieuse des Tunisiens les rendent aveugles à ces évidences. Ils croient que leur conception modérée de l’islam existe dans les livres de Muslim et de Bukhari. Mais s’ils avaient lu ces livres, ils sauraient qu’à côté des rituels abrutissants, ils ne font que parler de califat, de choura des « savants » et d’obéissance aveugle. Ce sont des livres commandités par les émirs, fabriqués de toutes pièces pour asseoir leur pouvoir.

Les Tunisiens n’arrivent pas à assimiler l’idée que guider les Tunisiens dans la voie de Dieu, sous la tutelle des « nobles savants », s’il le faut malgré eux, est un devoir religieux pour tout islamiste pieux.

Toute autre croyance est pur fantasme. Une croyance fondée sur l’ignorance religieuse et la non lecture de ce qui est écrit noir sur blanc dans les faux livres de Dieu. La possible assimilation des islamistes dans le jeu démocratique est une innommable connerie, de la stupidité à l’état brut.

Remettre en cause l’actuel califat, en écrivant une constitution démocratique et en organisant des élections démocratiques sont des tâches théologiquement répugnantes pour un islamiste « instruit » et pour tout cheikh qui se respecte.

Il n’y a même pas à supputer des calculs politiques pour expliquer ce qui se passe actuellement en Tunisie. L’illégitimité d’un gouvernement militant dans la voie de Dieu est un concept totalement incompréhensible pour un esprit islamiste.

Pendant que les Tunisiens croyaient que la constituante avait pour objectif d’instaurer la constitution, la constituante majoritairement islamiste était dans une logique de restauration du califat. Le quiproquo est énorme. Le fossé gigantesque.

Mr Mohamed Talbi l’avait bien dit. La direction islamiste est bien salafiste. Personne n’a voulu le croire. Rares ceux qui ont avait la culture pour comprendre. Presque tous confondent la caricature salafiste avec l’original salafiste qui dirige actuellement le pays. Comment expliquer cela à des « intellectuels » incultes qui confondent idéologie et tenue vestimentaire ?

Le 24 Octobre, le califat passe à une deuxième phase. Le califat a bien veillé à mettre la démocratie devant le fait accompli. Il n’y a rien d’autre de prévu. Continuer le chemin sous la guidée d’une assemblée illégitime est le seul choix offert aux Tunisiens. Ceux qui s’apprêtent à protester n’ont rien à proposer. Après une période de protestation prévisible et attendue, tout rentrera dans l’ordre. Le cheval n’a d’autre choix que d’être dompté.

La culture majoritaire du compromis dirige naturellement la Tunisie vers la stratégie de l’entêtement dans l’erreur. Ceux qui réclameront une autre constituante en s’appuyant sur les « écritures » de la loi seront montrés du doigt comme des fauteurs de troubles et des apostats du « processus démocratique ». La logique est encore renversée mais la loi est claire, il faut élire une autre constituante.

La foi véritable exige une intransigeance quant aux principes de la loi. En démocratie aussi. Lorsque les intransigeants de la foi se taisent au nom d’autres « valeurs », comme le consensus d’illégitimes, le débat se recentre entre les « modérés » de la foi et ceux qui la pervertissent. En démocratie aussi.

Il n’y a quasiment aucune de chance que la constituante rate sa mutation en dictature et organise un retour aux urnes à court terme. Mais réclamer la tenue des élections est un rappel de la loi démocratique.

Abbou a déjà rappelé que la peine de mort est la sanction du droit contre ceux qui essayeront de renverser la constituante. Ghannouchi a déjà rappelé l’obligation religieuse d’obéissance à la constituante. En démocratie aussi, la véritable foi peut être déclarée Haram et le croyant déclaré apostat.

Réclamer une autre constituante, ne serait ce que pour recentrer les débats et ne pas le laisser entre les mains des « modérés » et des « pervers » est un devoir démocratique pour tous les « croyants sincères » de la démocratie.

Réclamer des élections revient tout simplement à rappeler qu’en démocratie, seul le peuple détient la légitimité démocratique. Le rappel est un devoir du croyant.

Il est indispensable de rappeler la suprématie du peuple sur les assemblées.

Le silence est la pire des réponses aux futures tractations de couloirs qui n’auront d’autre aspirations que le repartage du gâteau entre les « démocratophages » qui hantent le parlement. Cette assemblée de dictateurs a déjà vomit sa fatwa de la honte qui lui accorderait la légitimité si les tractations de couloirs aboutissent à une entente dans le dos Tunisiens.

En démocratie, réaffirmer la souveraineté du peuple par la tenue d’élections non truquées à échéance est plus importante que tout document, même si celui-ci s’appelle constitution. Tel est le rite sacré de la démocratie. C’est à ce sacré que la constituante va porter atteinte.

Qui n’a pas envie de pratiquer encore une fois ce rite ? Qui n’a pas envie de vérifier que l’instance chargée d’instaurer la démocratie est capable d’organiser le rite fondamental de la démocratie ?

Oui, l’institution de la constituante est légitime, à la seule condition qu’elle change ses constituants, arrivés en bout de mandat. Confondre constituante et constituants est la même erreur que confondre parlement et parlementaires. Les constituants doivent laisser la place à d’autres.

Qu’est ce qui est plus important ? Voir la démocratie à l’œuvre ou voir des médiocres alchimistes multiplier les expériences pour transformer un brouillon en texte sacré ?

En acceptant, sans protester, d’être sous tutelle d’une assemblée de personnes de type « tous pouvoirs », de « durée illimitée auto prorogeable », en dehors de tout cadre institutionnel limitant son action, le peuple Tunisien accepte d’abdiquer sa souveraineté. Le califat s’apprête déjà à fêter une grande victoire dans une grande bataille. Mais la guerre n’est pas finie.

Le 23 Octobre, la Tunisie sera officiellement sous le régime du Califat. Les détracteurs de Cheikh Dukhani n’auront aucun argument sérieux à lui opposer, hormis les promesses verbales de ceux qui n’ont pas tenu leurs promesses.
L’apparente ouverture du califat à de nouvelles alliances n’est qu’apparence. La repentance, la rerepentance et la rererepentance n’est que de la poudre aux yeux. Une période de turbulence s’annonce et comme dans un rodéo, le califat s’apprête à chevaucher un bœuf qui gesticule. Le califat est prêt à échanger quelques ministères contre le maintien au poste d’une assemblée qui lui est dévouée, au-delà de son mandat. Un nouveau gouvernement peut même donner l’illusion d’une victoire de la démocratie. Le califat se prépare à un nouveau départ, compteurs à zéro.

Les intransigeants de la démocratie doivent demander dès maintenant la tenue d’élections d’une nouvelle constituante, au risque de paraitre ridicule et insensé. Ils doivent déjà penser aux prochaines batailles. Le califat, lui, y pense déjà.

Les intransigeants de la démocratie ne doivent pas oublier que 41% de l’assemblée se considère religieusement légitime à vie pour instaurer le califat. Trouver les 10% manquants ne constituera jamais un problème pour le califat. Trouver d’autres raisons pour se re-auto-proroger jusqu’à des élections au sort garanti est une simple formalité. Le référendum sur le type de régime est déjà un moyen tout trouvé pour retarder la prochaine échéance.

Les intransigeants de la démocratie doivent résister à l’appel à la modération qui proviendra des modérés prêts à pactiser avec le califat. Les intransigeants de la démocratie ne doivent pas accepter le principe d’échanger les élections qui lui sont dues contre des promesses.

Quel problème y a-t-il a changer démocratiquement de constituante toutes les années jusqu’à tomber sur une qui soit capable de boucler le dossier en une année ?

Cela rassurerait déjà tout le monde sur l’avenir démocratique de la Tunisie si une majorité pouvait basculer. La crise démocratique serait finie avant même que la constitution ne soit prête.

S’il y a une chose à retenir de cet article, ce serait celle là :

Dans l’islamisme, il n’y a pas de pays musulman sans institution religieuse au dessus de celles du peuple. Pour cela, il est indispensable que le concept de souveraineté suprême du peuple soit détruit. Le Califat, comme Ben Ali, n’aura aucun problème à parler de démocratie.

Reconnaître le mensonge lorsqu’il prend les noms de vos valeurs, est un grand défi pour les Tunisiens. En démocratie aussi.