Le ministre de l'Education Abdellatif Abid | Crédit photo: tuniscope.com

Aujourd’hui , 9 Octobre ,une grève d’une demie journée dans les collèges et lycées de la délégation de l’Ariana a été observée , ainsi qu’un sit-in des profs qui a duré 3 heures devant le tribunal d’instance de l’Ariana, pour protester contre l’énormité d’ une injustice : à savoir le jugement abusif et à tort de 4 collègues du lycée Menzeh 6 , dont le seul crime est d’avoir osé dénoncer la corruption au niveau de l’administration et du ministère de l’éducation.

Tout a commencé l’année dernière , après le 14 janvier , lorsque 60 profs du lycée Menzeh 6 signent une pétition pour dénoncer les mauvais traitements de la directrice du lycée ,et exiger une enquête sur les 960 million qui ont soi-disant été dépensés pour l’ amélioration des toilettes du lycée ,et la construction d’un petit mur autour du parking .

Bien évidemment ,leur pétition a bien été reçue au ministère , mais en guise de réponse à cette pétition, la directrice impliquée dans ces faits est blanchie et promue au poste de responsable au ministère de l’éducation , car, les lycéens qui ne l’appréciaient pas beaucoup , lui ont crié dégage . Les choses auraient pu s’arrêter là , mais apparemment , on a voulu donner une leçon à tous ceux qui osent s’attaquer à la corruption .

En effet, en Septembre 2011 , 4 collègues des 60 signataires de la pétition , sont convoqués au poste de police de Menzeh 5, pour être interrogés sur une accusation à leur encontre . Ils apprennent alors qu’ une action en justice contre eux était en cours , et que leur ex-directrice les poursuit pour  2 chefs d’accusation :   agression contre fonctionnaire pendant ses fonctions , et fausses déclarations . Imaginez l’étonnement des profs qui l’ont protégée lorsque les élèves se sont retournés contre elle et lui ont crié dégage !

Quoi qu’il en soit , les deux chefs d’accusation sont complètement bidons , avec des témoins inexistants,  puisqu’on reproche aux 4 collègues d’avoir forcé le bureau de la directrice pour tenter de l’agresser , alors que le jour auquel l’accusation se réfère ,quelques dizaines de profs témoignent et attestent que leurs 4 collègues n’ont pas mis les pieds dans le bureau de la directrice. Après leur interrogation au poste de police, les 4 profs apprennent que , tout s’arrête là , que le dossier est clos et qu’ils ne seraient plus inquiétés .

Néanmoins, 6 mois après , en juin 2012 , et tout à fait par hasard , les enseignants de Menzeh 6 apprennent que leurs 4 collègues , dont une femme , ont été condamnés à 6 mois de prison !

Après la mobilisation de l’ U.G.T.T et un recours à la justice pour arrêter l’exécution du jugement , et faire appel de la décision le 17 Juillet 2012 , une investigation révèle que les convocations au tribunal n’ont pas été envoyées aux 4 collègues , mais à la délégation régionale de l’enseignement secondaire ; délégation qui n’a pas jugé utile de prévenir ses éducateurs de leur procès, et ne leur a donc pas envoyé leur convocation . Par conséquent , ils n’ont pas pu présenter leur version des faits pour se défendre , et ont été jugés en leur absence .

Finalement , quand on voit le nombre de murs inachevés , ou en cours de constructions un peu partout dans nos établissements, on se pose des questions sur le montant de la facture et de la corruption .

Fairouz Boudali