La prise de conscience des droits de l’Homme dans la Tunisie post-révolutionnaire constitue un fait majeur. Aujourd’hui, la culture des droits de l’Homme font l’objet d’une attention accrue chez la société civile qui vise à armer les citoyens avec des nouveaux outils de citoyenneté.

En effet, cette culture suggère la renaissance de l’ensemble de ces droits comme étant des entités morales et juridiques qui garantissent l’humanité de l’humain sans discrimination racial, sexuel ou religieuse. Néanmoins, le problème reste au niveau de l’interprétation et au niveau de l’application car l’accord sur ce principe peut être superficiel masquant les différentes substantielles en ce qui concerne la signification des notions utilisées.

Le consensus sur les principes des droits de l’Homme doit respecter une norme qui peut être accepté à partir des différentes perspectives étiques et morales. Cela devrait empêcher les partis prenants à abandonner le consensus au moment où les relations de pouvoir changeront à leur avantage.

Ce constat a amené les organisations nationales, tel que la ligue tunisienne des droits de l’Homme, a engagé un gigantesque effort de réflexion pour vulgariser les droits de l’Homme chez les tunisiens et a lancé une action inlassable de grande envergure pour protéger les droits de l’Homme au niveau sociale et pratique.

Nous savons tous que le principe des droits de l’Homme se détermine comme une réflexion dont le centre de ses intérêts est l’Homme dans son universalité. Voilà qui nous commande de pousser aussi loin que possible l’analyse théorique des visions du monde qui animent cette philosophie et d’identifier les meilleurs voies pour enraciner et transformer en réalité vécue l’essence de l’unité de l’Homme et de la diversité de l’humain.

En parlant des droits de l’Homme, l’individu a de plus en plus tendance à oublier que ces droits vont de pair avec ses devoirs. Le langage courant suggère même que les droits soient les exigences que l’individu exprime à juste titre par rapport à l’État ou par rapport à la société et qui, par conséquent, doivent être acceptés et remplies.

L’histoire récente fait preuve que le nombre de telles exigences va augmenter à telle signe que toute déclaration ne contient que le stade actuel des droits toujours en voie d’être enrichis par de nouveaux mesures au fur et à mesure que le temps progresse d’où leurs caractère socio-historique toujours en mouvement.

Les droits de l’Homme sont faits pour protéger l’individu et c’est pour cela qu’ils réclament le respect sur le plan juridique. Leur premier objectif est de garantir l’épanouissement personnel dans le cadre du pouvoir afin d’empêcher tout acte arbitraire de l’État ou de la société et même de l’individu. Les meilleurs candidats pour les droits de l’Homme sont assurément les droits politiques qui sont les plus visibles sur le champ public.

À cette catégorie appartient la liberté d’opinion, le droit de vote, l’accès directe ou indirecte à l’information, la protection contre l’incarnation et l’homicide ; ce qui veut dire que nous devons protéger nos libertés non seulement des exactions étatique mais aussi des exactions des concitoyens.

Ces droits sont donc nécessaires pour pouvoir défendre le soit et pour protéger les droits de liberté qui ne peuvent être dérivés que si on prend en compte les intérêts transcendantaux dont la liberté d’expression, le pluralisme et l’égalité devant la loi. Pour cette raison, il est raisonnable de les protéger le mieux possible contre les entraves d’autrui ou d’institution politique.

Une telle protection est nécessaire pour qu’un individu soit en mesure de poursuivre ses propres fins. Elle est en en même temps une condition sine qua non pour promouvoir la condition de l’Homme dans sa société. Il y a lieu de souligner, par ailleurs, que des droits de l’Homme ne sont pas une idéologie qui puisse être consommé ou un discours politique de tendance électorale, mais au contraire, les droits de l’Homme sont une culture du vécu et elles sont une idée de l’humanisme qui exigent la pleine liberté et qui ont pour valeur essentielle la raison humaine.

Longtemps considérée comme le monopole des démocraties occidentales, la culture des droits de l’Homme est aujourd’hui revendiquée comme concept pluriel partagé par diverses cultures [1]. Pour le monde arabe, les révolutions tunisienne et égyptienne avaient parfaitement démontrées la possibilité de concilier la tradition à la philosophie des droits de l’Homme à travers les slogans des premiers jours des deux révolutions, ce qui a pu introduire une nouvelle vision plus rationnelle et plus démocratique dans le discours quotidien.

Mais il faut noter au préalable que cette première démarche devrait être suivit par le recours à la traduction matérielle de l’universalité des droits de l’Homme on se basant sur le recourt à la raison pour faire face aux problématique de l’époque sous l’angle d’analyse rationnelle.

Aujourd’hui, dans un contexte marqué par la globalisation et de plus en plus par les échanges culturelles et par le dialogue, nous sommes obligé de promouvoir la culture des droits de l’Homme via les nouvelles techniques de communication et à travers un système éducatif et constitutionnel qui devront garantir et élargir le cercle des droits de l’Homme.

[1] BEN ACHOUR (Y), La deuxième Fâtiha : L’Islam et la pensée des droits de l’homme, Tunis, Cérès, 2011.
TALBI (M), Ma religion c’est la liberté : L’Islam et les défis de la contemporanéité, Tunis, Nirvana, 2011.