Manifestations du 14 janvier 2013. Les manifestants demandent l'extradition de Ben Ali. Photo: Page de Faculte Tunisienne sur facebook.

Manifestations du 14 janvier 2013. Les manifestants demandent l’extradition de Ben Ali. Photo: Page de Faculte Tunisienne sur facebook.

Le président tunisien déchu Zine El Abidine Ben Ali et son épouse Leïla Trabelsi profitent d’un exil doré en Arabie malgré une myriade de condamnations, alors que la première des révolutions du Printemps arabe fête ses deux ans ce lundi. Mais, leur clan a connu des fortunes diverses.

Le couple Ben Ali en exil doré malgré de nombreuses condamnations

Le couple Ben AliL’ex-président et sa seconde épouse vivent en Arabie Saoudite depuis le 14 janvier 2011 et leur départ de Tunisie qui consacra la révolution. Le couple dément avoir fui, affirmant avoir été dupé par des responsables du régime pour quitter le pays. Ben Ali communique sporadiquement via des communiqués d’un avocat libanais.

Son épouse a publié en 2012 un livre « Ma Vérité » dans lequel elle rejette les accusations de corruption et de dérive dictatoriale du régime déchu. Le couple est condamné dès juin 2011 à 35 ans de prison pour des malversations. Ben Ali a par la suite écopé à deux reprises de la prison à vie pour la répression des manifestations lors de la révolution. Ensemble ou séparément, le couple a été condamné dans plusieurs autres affaires.

Le clan Trabelsi – El Materi

La famille Trabelsi qui avait placé l’économie du pays sous coupe réglée a connu des fortunes diverses après la révolution. Belhassen, frère de l’ex-première dame et figure de proue du clan, a pris la fuite et vit au Canada. Il a été condamné notamment par contumace à de lourdes peines pour trafic de devises, de métaux précieux et détention de pièces archéologiques.

Sakher El Materi, gendre préféré de Ben Ali, a lui dû quitter son refuge au Qatar en décembre 2012. Brièvement interpellé aux Seychelles, il vit toujours en exil. Cet homme d’affaires de 31 ans a été condamné par contumace à plusieurs lourdes peines pour blanchiment d’argent notamment.

Imed, neveu de Leïla, est lui la principale figure de la famille à avoir été arrêtée. Poursuivi dans plusieurs affaires de corruption, il a écopé de maintes peines allant de deux à vingt ans de prison. Son père, Mohamed Naceur Trabelsi, est lui aussi en détention en Tunisie tout comme Moncef, un autre frère de Leïla.

Confiscation des biens du clan

L’empire économique de la famille (grande distribution, téléphonie, médias, bâtiment, automobile, immobilier etc.) a été démantelé. Une partie a été privatisée mais des pans entiers restent sous le contrôle d’administrateurs judiciaires nommés par l’Etat.

Le gouvernement a par ailleurs lancé fin décembre une vaste exposition des biens du clan. La vente de dizaines de voitures de luxe et de milliers de bijoux, meubles, vêtements et oeuvres d’arts doivent rapporter à la Tunisie au moins 10 millions d’euros, selon des estimations des autorités.

Rached Cherif