Amina de Femen lors de son arrestation par la police à Kairouan le 19 mai 2013.

Amina de Femen lors de son arrestation par la police à Kairouan le 19 mai 2013.

Demain jeudi 4 juillet doit avoir lieu le procès en appel d’Amina “Tyler” Sboui, Femen tunisienne, incarcérée depuis le 19 mai pour avoir écrit le mot “Femen” sur le muret d’un cimetière à Kairouan et pour détention de gaz lacrymogène. Le Comité de soutien à Amina a organisé à cette occasion au SNJT* à Tunis une conférence de presse aujourd’hui, qui avait pour titre « La Tunisie est un état civil et les femmes tunisiennes sont libres ».

Le comité, dont le porte-parole est l’ex-militant de Perspective Sadok Ben Mhenni, est soutenu par le SNJT, l’OMCT, l’ATFD, ainsi qu’Amnesty International, l’OTCT et l’AFPEC, dont des membres étaient présents pour soutenir Amina. Autour de la table ses avocates Radhia Nasraoui, Bochra Bel Hadj Hamida ainsi que Mounir Sboui, le père d’Amina, ont pris la parole.

Avec une voix pleine d’émotion M. Sboui a voulu renouveler son soutien à sa fille : « Tu m’as fait beaucoup de mal mais surtout tu me fais rêver ! », a-t-il lancé.

C’est demain que doit avoir lieu le procès en appel d’Amina pour « détention d’outils et d’instruments incendiaires sans autorisation », pour laquelle elle a écopé d’une amende de 300 dinars. Amina ne comparaîtra pas libre, elle est toujours en détention dans le cadre d’une instruction pour « profanation d’un cimetière, atteinte à la pudeur et association de malfaiteurs ».

« C’est le juge d’instruction qui doit la libérer. Le dossier est vide, les chefs d’inculpation ne sont pas fondés. A mon avis elle devrait être libérée et l’affaire devrait être classée. Peut-être qu’il y a des instructions pour qu’on ne la libère pas », s’interroge son avocate, Radhia Nasraoui.

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OMCT : Organisation mondiale contre la torture
ATFD : Association tunisienne des femmes démocrates
SNJT : Syndicat national des journalistes tunisiens
OTCT : Organisation tunisienne contre la torture
AFPEC : Association de formation à la psychanalyse et d’échanges cliniques