attentat de Nice

Tout porte à croire que la France tient, elle aussi, son 11 septembre. Deux fois. L’ampleur des attentas terroristes commis un certain 13 novembre 2015 à Paris et le 14 juillet 2016 à Nice en font la preuve. Nice, synonyme de Champs Elysée de la capitale de la Côte d’Azur, depuis Jacques Lardie – symbole incontournable de l’intellectualisme moderne du XXe siècle, a été écrasée sauvagement et ensanglantée de sang-froid  un certain 14 juillet – jour de la fête nationale française. Cela a, en tout cas, un lourd de sens. Et explique dès lors pourquoi ces attaques terroristes, doivent être perçues, comme un acte de guerre.

Le « carnage de fête » niçois s’est soldé par 84 morts, dont la plupart des enfants, et 18 blessés très graves, d’après un bilan fait 24 heures après l’attentat. Rajoutons les 130 morts de l’attentat de Paris et la boucle vicieuse est bouclée. Le bilan est macabre. Cependant, on a comme l’impression que François Hollande n’est pas encore prêt pour « la tolérance zéro ». Il reste trop humain vis-à-vis de ces attaques qui veulent anéantir son pays. Mais en matière de politique, l’évidence n’est pas la vérité et vice-versa ; Dans une interview au Monde, en 2014, ce dernier avait reconnu la livraison d’armes par la France aux « rebelles » syriens : « nous ne devons pas relâcher le soutien que nous avions accordé à ces rebelles qui sont les seuls à participer à l’esprit démocratique ». Il avait même déclaré, lors d’un entretien avec le journaliste Xavier Panon, que ces armes étaient fournies aux « rebelles » syriens dès 2012 : Des canons de 20 mm, des mitrailleuses, des missiles antichars, des lance-roquettes… On parle même de forces spéciales françaises et d’officiers présents sur le terrain, en Syrie, afin de former et de soutenir des terroristes qualifiés de « modérés ».

Encore pis, François Hollande avait décidé des frappes contre le régime syrien afin de faire triompher les « rebelles », mais il a dû annuler l’opération au dernier moment, le 31 août 2013, sur ordre de la Maison-Blanche  « … Personne de l’Elysée n’imagine qu’après avoir reçu une lettre de 186 parlementaires lui demandant de faire voter le Congrès, Barack Obama a décidé in extremis de leur donner raison .« J’ai décidé d’y aller, dit le chef de la Maison Blanche à son homologue français ce samedi à 18h15, mais je vais d’abord demander l’aval du Congrès ». François Hollande est abasourdi. Il essaie de convaincre le président américain de revenir sur sa décision. En vain. Le chef de l’Etat rejoint alors les hommes qu’il a convoqués dans le salon vert pour un conseil restreint. Ils ordonnent aux militaires de rappeler les Rafale et évoque les prochaines fenêtres de tirs » raconte, Vincent Jauvert, journaliste au Nouvel Observateur.

« Nous payons les inconséquences de la politique française au Moyen-Orient » avaient clamé Sophie Bessis et Mohamed Harbi. Dans une tribune du  Monde,  ils constatent que «La France, ces dernières années, a resserré à l’extrême ses liens avec le Qatar et l’Arabie saoudite, fermant les yeux sur leur responsabilité dans la mondialisation de l’extrémisme islamiste. Le jihadisme est avant tout l’enfant des Saoud et d’autres Emirs auxquelles elle se félicite de vendre à tour de bras ses armements sophistiqués, faisant fi des « valeurs » qu’elle convoque un peu vite en d’autres occasions. »

Décidément, comme disait Goya « le sommeil de la raison engendre des monstres ». Les dirigeants français doivent aujourd’hui courir deux fois plus vite pour rester à la même place. Visiblement, c’est la dernière ligne gauche pour Hollande, ça passe ou ça casse. Tous les clignotants sont au rouge et aucun pays n’est à l’abri du terrorisme. L’union sacrée contre ce phénomène radical est une priorité mondiale. Nice, destination incontournable du château d’If jusqu’aux palais de Gênes, a été écrasée sauvagement et ensanglantée de sang-froid un certain 14 juillet par une horde obscurantiste. Le deuil est lancinant et la politique est sans pardon !

« Messieurs les Anglais, tirés les premiers », avait-on demandé, à l’époque de Louis XV, lors d’une bataille opposant des troupes françaises aux troupes anglaises. Et ce ne fut guère de la courtoisie. Dans une tactique d’infanterie, le « camp » qui tirait le premier dans un combat rapproché se trouvait désormais désarmé devant le feu de l’ennemi, le rechargement des armes étant très long. A bon entendeur…