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La campagne #WeldekFiDarek a investi la rue, hier mardi, après avoir enflammé les réseaux sociaux dès samedi. La police a rapidement réagi en arrêtant Ghassen Bouazzi et Hamza Nasfi, deux jeunes militants de gauche convertis en tagueurs. Plus tard dans la nuit, Lina Ben Mhenni et Khalil Lahbibi, deux militants du collectif Manich Msamah ont été arrêtés aussi avec des affiches et de la colle comme pièces à conviction. Libérés le soir même, ils font tous l’objet de poursuites judiciaires.

Ghassen Bouazzi, président de l’Union Générale des Etudiants de Tunisie (UGET) et Hamza Nasri, membre de son bureau exécutif, ont été arrêtés, mardi 02 août vers 17h30, pour avoir tagué le slogan phare de la campagne #WeldFiDarek sur le piédestal de la Statue de Bourguiba. Arrêtés par la police touristique à peine quelques instants après avoir fini de taguer, Bouazzi et Nasri ont été transférés aux forces de maintien de l’ordre qui les ont conduits au poste de police de la Rue Radhia Haddad, plus connu sous le nom du Septième. Ils ont été interrogés durant une heure avant d’être libérés et convoqués à comparaitre le lendemain au bureau du procureur.

« Nous nous sommes présentés ce matin. C’est reporté à jeudi », précise le président de l’UGET qui affirme avoir reconnu les faits dans le procès-verbal. Egalement militants d’Attayar Al-Chaabi, parti-membre de la coalition du Front Populaire fondé par feu Mohamed Brahmi, les deux accusés revendiquent, dans leurs tags, une action partisane. « Nous avons choisi cet endroit, non pas pour souiller la mémoire de Bourguiba comme certains le prétendent, mais parce que l’emplacement donne une grande visibilité à notre message », nous confie Ghassen Bouazzi.

Quant à Lina Ben Mhenni et Khalil Lahbibi du collectif Manich Msamah, ils ont arrêtés vers 01h00, mercredi 03 août, au niveau de la Rue de Marseille. « Nous n’étions pas en train de taguer, ni coller des affiches. Un agent de police nous a interpelés. Il a exigé de fouiller nos sacs et y a trouvé des affiches de la campagne Manich Msamah et de la colle. C’est à ce moment qu’il nous a arrêté », raconte Lina Ben Mhenni, blogueuse et militante des droits de l’homme, nommée au prix Nobel de la Paix en 2011. Libérés vers 03h00, Ben Mhenni et Lahbibi ont été informés que le ministère public a jugé utile de les appeler à comparaitre dans les prochains jours.

Mercredi matin, Abdessattar Ben Moussa, président de la Ligue Tunisienne des Droits de l’Homme (LTDH) s’est indigné contre l’arrestation de Lina Ben Mhenni et a affirmé le soutien de son organisation à la blogueuse ainsi que son opposition aux arrestations des militants de la campagne #WeldekFiDarek.