Rares sont les films qu’on aimerait aimer d’un cœur net. Thala mon amour de Mehdi Hmili est de ces films-là. Seulement voilà : on aimerait apprécier son élan, avec ce que suppose le saut du petit bassin du court au grand large du long-métrage, mais on n’y arrive pas. Ceux qui connaissent sa magnifique Nuit de Badr, et le non moins intimiste Dernier minuit, savent combien le cinéma de Mehdi Hmili n’est jamais aussi troublant que quand il se laisse troubler. Car tout ce qu’il dit et met en scène, il l’a sur le cœur. Nul doute qu’il a mis de cette sincérité-là dans Thala mon amour, mais l’a vite diluée dans la naïveté.

Sous les rutilances de drame, Mehdi Hmili place deux amants aux premières loges de la révolution. Entre Thala et Kasserine, le film entrecroise les parcours de Mohamed, un militant syndical emprisonné joué par Ghanem Zrelli, et Hourya, une jeune ouvrière du textile campée par Najla Ben Abdallah. Il aura fallu les premières émeutes pour que ce rescapé des événements du bassin minier s’évade, se faufilant entre les mailles de la police pour retrouver sa bien aimée.