Une longue chaîne de bénéficiaires directs s’est constituée, depuis l’ancien président de la République Zine El Abidine Ben Ali jusqu’aux investisseurs étrangers, en passant par nombre de ministres, de services publics à l’instar de la municipalité de La Marsa, et d’hommes d’affaires proches du pouvoir. Cette chaîne a mobilisé des institutions de l’Etat au service d’intérêts privés, bafouant les lois, sous la protection d’hommes politiques guidés par d’astucieux juristes. Ce système perdure malgré la chute du régime Ben Ali, bénéficiant de la complaisance des gouvernements successifs post-2011 ainsi que des tentatives répétées d’effacer les traces du crime à travers l’adoption du projet de loi de la réconciliation économique. Et ce, dans le but de faire avorter tous les efforts de démantèlement du système de corruption et de rupture définitive avec ses pratiques.

Permis de construire et incitations à l’investissement avant l’achat du terrain

L’enchainement chronologique des procédures juridiques et administratives qu’a suivi le projet de construction du port de plaisance et ses annexes, sur une surface d’environs de 21,7 ha, dans la zone touristique de Cap Gammarth, est considéré comme un modèle du genre dans les processus de corruption financière et administrative en Tunisie.