Le soleil tape encore fort sur le quartier de Chott Salem, en cette fin d’après-midi du vendredi 30 juin, quand commence la marche vers la zone industrielle de Gabès. Des centaines de personnes se rallient au cortège, aux cris de « Saker Lemsab » [Fermez le déversement !] : des hommes poussant leurs mobylettes, des femmes, des enfants, et même une carriole conduite par un cheval. Le pas vif, ils suivent la voiture de la sono qui les emmène vers l’une des bouches de déversement du phosphogypse, déchet de la transformation du phosphate. Cette boue noirâtre et visqueuse tapisse une partie du Golfe de Gabès, à raison de 5 millions de tonnes rejetées chaque année, depuis 45 ans.1