Sous ses airs d’humilité, Tunis by Night se veut un film nocturne. Mais la nuit en question, on n’est pas sûr que ce soit celle où toutes les chattes sont noires. Compte tenu du genre de cinéma guindé mou que pratique Elyès Baccar, on pencherait pour un tiers de nuit tracté par un point de vue centripète qui rapatrie chaque fois ses films dans une dimension intime, comme pour tenir le drame dans ses bras. L’argument pioche dans l’avant 14 janvier 2011. On apprend que le père, Youssef, campé par Raouf Ben Amor, est l’animateur d’une émission radiophonique nocturne depuis vingt cinq ans. En écho à l’immolation du jeune Bouazizi, il décide de cracher le morceau en live, lors de l’ultime épisode de son émission. Le refus des instructions du directeur de la radio, un pion du régime, lui vaudra alors coupure d’antenne et interrogatoire par la flicaille. Ce n’est pourtant pas ce refus, traité en pilotage automatique, qui fait le drame dans Tunis by night.