Nul doute que La Belle et la Meute se joue à quitte ou double pour le spectateur. L’actualité lui étant favorable, il se dote d’un certain potentiel de séduction. Mais pour le découvrir sans trop s’emballer, il convient de décoller les étiquettes que la critique française a posées sur cette fiction. Et ce, quitte à faire tiquer les rangs féministes, ou découvrir dans nos assiettes un long-métrage qui se pare des attributs « coup de poing » plutôt dans le ventre qu’en pleine figure. C’est la règle des trois unités qui lui sert de devise. Unité de lieu : un dance-floor, un commissariat de police et, entre les deux, une clinique. Unité de temps : une longue nuit. Unité d’action : le calvaire d’une jeune fille pour prouver son viol. Si Kaouther Ben Hania se satisfait de ces coutures-là, il lui faut encore l’unité du plan-séquence pour mettre ses petits poings en avant.