C’est sa marque de fabrique : fragilité des désirs et ordre social figurent au menu du cinéma de Mehdi Ben Attia. S’il ne déroge pas à cette signature, L’Amour des hommes inverse au moins les rapports. Ce n’est plus qu’une histoire de garçons. Cueillant Amel, campée par Hafsia Herzi, chez ses beaux-parents suite au décès brutal de son mari, le film suit cette jeune photographe deux mois plus tard dans les rues de Tunis, à la recherche de jeunes hommes à mettre en scène. Ce qui revient moins, pour le réalisateur du Fil (2010) à changer de méthode qu’à reconsidérer la capacité de sa caméra à se caler sur les corps. De là un film qui choisit ses cadres, ses distances et ses durées en fonction des regards, mais dont l’apaisement de surface cache mal les faiblesses.