Noura Borsali

Noura Borsali

Titulaire d’un D.E.A de Sémiologie et professeur de Lettres françaises à l'université tunisienne, Noura Borsali a collaboré, depuis 1980, avec divers journaux et magazines tunisiens indépendants tels que « Le Phare », « Réalités » et « Le Maghreb » en tant que chroniqueur et grand reporter en Algérie, au Maroc et en Égypte. Ex-présidente de l'Association tunisienne pour la promotion de la critique cinématographique (ATPCC), elle a été membre indépendant de la Haute Instance pour la protection des objectifs de la révolution, la réforme politique et la transition démocratique (2011), du Comité supérieur des droits de l'Homme (2012) et de l'Instance Vérité et Dignité (2014). Noura Borsali est auteur de quatre ouvrages : « Livre d’entretiens avec Ahmed Ben Salah » (2008), « Bourguiba à l’épreuve de la démocratie » (2008 et 2012, traduit en arabe en 2016), « Algérie, la difficile démocratie. Regards d'une journaliste tunisienne sur l'Algérie de l'après octobre 1988 » (2008), « Tunisie : le défi égalitaire. Ecrits féministes » (2012, Prix Zoubeida Bchir, CREDIF, 2013).

14 Nov 2017

« J’y tiens. Je suis très malade. Mais je vais vous envoyer l’article », ainsi a répondu Noura Borsali au rédacteur en chef de Nawaat quand il lui a recommandé du repos en apprenant qu’elle a eu un malaise. Elle tenait à respecter son engagement à livrer son article hebdomadaire. C’était lundi, 12h45. Pour elle, cet article est « exceptionnel » puisqu’« il mêle réflexion et témoignage personnel », selon ses termes. La livraison était prévue pour mardi. Elle l’a pourtant envoyé, lundi à 19h42, comme un dernier mot qu’il fallait dire. Elle a rendu l’âme quelques heures après, peu avant l’aube du mardi 14 novembre. Noura Borsali fut habitée jusqu’à ses derniers soupirs par son souci de la mémoire, son amour du journalisme et son attachement à la démocratie… au projet d’une Tunisie progressiste. Qu’elle repose en paix. Que sa lutte et sa passion puissent nous servir de lumière aux moments les plus sombres.

07 Nov 2017

L’adoption par l’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP), le 27 octobre dernier, des articles 33, 11 et 24 de la “Loi organique n°2016/30 relative aux dispositions communes aux instances constitutionnelles” indépendantes et rebaptisée « Code des instances constitutionnelles indépendantes » fera date dans l’histoire de la jurisprudence tunisienne. Ces articles furent, en effet, jugés inconstitutionnels par l’Instance provisoire de contrôle de la constitutionnalité des projets de loi (IPCCPL). Cette dernière, dans l’attente de la mise en place de l’important Conseil Constitutionnel, est le seul garant de la conformité des lois au texte de la Constitution. Aussi la non-soumission de l’ARP à la décision de l’IPCCPL ouvre-t-elle la voie à un conflit d’autorité entre les deux institutions et à un dépassement juridique inédit.