Tunisie-femmes-cedaw

Par Nino Gaetano Mucci,

Mesdames,

après avoir pris connaissance par différents extraits de la presse numérique tunisienne de la levée de réserves que la Tunisie avait émises à l’encontre de certains articles de la CEDAW-CEDEF (Convention pour l’Élimination des toutes les Discriminations Envers les Femmes), je dois bien tempérer ma joie et satisfaction -que je voulais partager avec vous- par un véritable bain dans le bassin glacial de l’hypocrisie protocolaire que vient d’être justement dénoncée par votre communiqué reproduit sur le site Nawaat, dans l’article suivant :

La Tunisie lève officiellement ses réserves sur la Cedaw, mais maintient la Déclaration générale”, site Naawat, publié le 29 avril 2014.

Votre mise en garde est précieuse et au même temps je peux bien saisir votre déception car je la partage entièrement. Ainsi, semble-t-il, qu’on continue la farce hypocrite des “avancements” dans la “transition démocratique” dans la meilleure tradition islamiste si chère au leader et aux responsables du parti Ennahdha et à ses alliés de la Troika? Cela est en vérité navrant.

Sachez -comme je vous avais informé au préalable- que votre combat pour l’avancement de la CEDAW-CEDEF c’est absolument le mien aussi au niveau personnel depuis 12 ans et dans le sens le plus viscéral car j’ai souffert énormément pour cette discrimination dépravée qui continue à opprimer les droits fondamentaux et indiscutables de toutes les femmes du monde, surtout qu’un droit en particulier est destiné à fonder une famille dans la liberté : la liberté au mariage sans discrimination de race ou de religion.

Je vous demanderais de continuer avec la plus forte détermination et d’intervenir et de relater la connaissance des cas de dysfonctionnements et les tragédies que telles discriminations continuent de produire.

Je m’engage à accélérer les contacts éditoriaux préalables à la publication de mon livre qui discute en profondeur cette issue. De votre coté, j’espérerais que la lecture et la diffusion de mon cas, dénoncé depuis 2003 (dans la revue en ligne “Psychanalyse et Idéologie”) puisse être lu et diffusé à ce moment grâce à vous, dont mon remerciement immédiat:

Roméo et Juliette en Tunisie

C’est cela le véritable test d’une démocratie qui fonctionne dans les relations internationales et surtout dans l’espace euro-méditerranéen selon les nombreux accords souscrits et les pourparlers à ce moment même. Je voudrais poser la question directement à votre Premier ministre M. Jomâa qui a viens de rentrer d’une visite très importante en France: dans quel pays du Monde (et non seulement d’Europe) demanderait-on à un homme musulman de se dessaisir de sa propre foi pour pouvoir contracter un mariage dans le pays concerné?

J’exprime officiellement et je vous communique ma désapprobation de l’ambiguïté administrative expressément entretenue par cette déclaration du gouvernement tunisien et je reporterai dans le plus bref délais mes remarques et mes plaintes aux hauts responsables au sein des structures de l’U.E. -section Action Extérieure.

Je suis indigné qu’on continue à leurrer les Citoyens Tunisiens et surtout les Femmes Tunisiennes ainsi que globalement les droits de tous les habitants de la planète (Étrangers par rapport à la Tunisie) que ces dispositions touchent directement et indirectement et j’exprimerai par tous les moyens et par toute la force d’action que de telles entraves contradictoires jusqu’au ridicule demandent, par un réseau international approprié.

Veuillez agréer, mesdames, l’expression la plus sincère des mes salutations distinguées

Nino Gaetano Mucci