Mardi 21 mars 2017, les discriminés politiques se sont rassemblés à la Kasbah. Ils ont été accueillis par un cordon sécuritaire pour les maintenir bien loin de la Présidence du gouvernement. Très vite la tension est montée d’un cran. Les policiers ont aspergé, en plein visage, les militants de la première ligne par des aérosols lacrymogènes. Devant le refus de toute reprise des négociations, les discriminés politiques ont annoncé une semaine nationale de protestation du 15 au 22 mars, après avoir suspendu une grève de la faim de 33 jours. Ils réclament leur recrutement dans la fonction publique après des années de harcèlement par la police politique de Ben Ali. En 2015, le ministère de l’Intérieur a reconnu ses crimes d’espionnage, de torture et de discrimination à l’embauche contre des centaines de militants. Cependant, les multiples négociations n’ont pas abouti à la réparation des préjudices. De Bizerte, Kef, Sidi Bouzid et Sfax, quatre militants racontent le calvaire de la dictature qui continue jusqu’à aujourd’hui.

Amina Ben Amor, discriminée… depuis la naissance