On a beau vouloir accueillir sa proposition d’un œil bienveillant, Majadhib reste un navrant ratage. Faut-il en dire quelque chose ? On serait bien en peine de le faire, le film n’en demandant pas tant. Il faut pourtant dire et spécifier les raisons de ce ratage, car oui, naufrage il y a à tous les niveaux. Sans doute qu’un documentaire, ce que promet d’être ce deuxième long-métrage de Chiraz Bouzidi, devait négocier au moins deux choses : la relation qu’il établit avec une réalité donnée comme non scénarisée, et la place qu’il réserve en cela au spectateur. Mais Majadhib se fait fort de passer à côté de l’essentiel, flottant avec une naïveté assez décomplexée entre le sujet qui lui tend les bras et la manière dont la caméra engage sa restitution documentaire.