Après la signature, le 23 septembre, d’un accord entre le gouvernement et les représentants locaux et régionaux de l’Union des Diplômés Chômeurs (UDC) et de l’Union Générale Tunisienne du Travail (UGTT), l’activité du champ de production gazier de Petrofac à Kerkennah a connu de nouvelles perturbations depuis un mois. A l‘origine de ce blocage, un citoyen, bénéficiant du soutien d’un groupuscule de ses proches, qui conteste le refus du gouvernorat de lui accorder une aide financière pour son projet.

« Nous sommes inquiets. Les conditions privilégient l’instabilité de la production », indique Ridha Bouzaouada, le directeur générale de l’Energie au ministère de tutelle. Mongi Larguech, le secrétaire général du syndicat des employés de Petrofac, précise : « Nous occupons nos positions mais la production est complètement en arrêt depuis le 14 décembre ». Evoquant « le calvaire de vivre depuis près d’un an sous la menace de se retrouver au chômage », il explique que la poursuite de la production nécessite de vider le réservoir de condensat et de le transporter à Sfax. « L’entrave au passage des camions au port, depuis environ 35 jours, bloque la production », indique le responsable syndical. Le condensat, instable, volatil et inflammable mélange liquide d’hydrocarbures légers, ne peut pas être déplacé en l’existence du moindre risque sécuritaire.

La police, de retour sur l’archipel fin septembre après l’avoir quitté mi-avril suite à de violents heurts avec la population, reste en retrait. Cette retenue pourrait s’expliquer par la volonté de s’abstenir de raviver les tensions du passé. Contactée par Nawaat, la coordination locale de l’UDC, principale représentante du mouvement contestataire qui a mobilisé Kerkennah durant 2016, a décliné toutes responsabilités dans le blocage actuel et s’est désolidarisé de l’individu à son origine. Pour sa part, Mohamed Ali Arous, le secrétaire général de l’union locale du travail relevant de l’UGTT, déplore « une lenteur anormale à la mise en application de plusieurs points de l’accord avec le gouvernement ». « Cette situation affaiblit la position de la société civile locale et diminue ses chances à mettre fin aux débordements », regrette-t-il.

Toutefois, des camions ont pu transporter une partie du condensat jeudi 22 décembre. Le passage leur a été facilité par la police et les interventions de la société civile locale. « Pas assez pour permettre de reprendre la production », selon Mongi Larguech. « Nous sommes en train de suivre la situation avec le gouverneur de Sfax », affirme à Nawaat, Iyad Dahmani, le ministre porte-parole du gouvernement. Nommé à la tête du gouvernorat de Sfax le 22 décembre, Slim Tissaoui est un ancien cadre de l’UGTT, notamment secrétaire générale de l’union régionale de Jendouba jusqu’au 22 août 2015, date de sa nomination comme gouverneur de Siliana. Son background syndical représente un atout qui pourrait l’aider à établir une paix sociale durable à Kerkennah vu l’influence de l’UGTT et son ancrage historique dans l’archipel.

Le 14 décembre, Hela Cheikhrouhou, ministre de l’Energie, des Mines et des Energies renouvelables, a annoncé « l’arrêt de la production et le licenciement du personnel ». Or, l’entreprise n’a licencié aucun employé à l’heure qu’il est. Certains médias ont annoncé une rencontre entre des représentants du gouvernement et Ayman Asfari, le président directeur général de Petrofac venu de Londres le 19 décembre. « C’est inadmissible », s’indigne le secrétaire général du syndicat des employés de Petrofac. « Nous apprenons fréquemment des nouvelles au sujet de notre situation dans les médias. Nous sommes mal informés par notre direction. Et la profusion d’intox nous fait vivre dans un stress permanent », nous confie Mongi Larguech.

La crise sociale de Petrofac à Kerkennah date de 2011 mais a connu plusieurs bouleversements en 2015 et début 2016 qui l’ont conduit à son apogée en avril 2016. Malgré la signature d’un accord avec les protestataires fin septembre, l’instabilité de la production et l’incapacité des autorités régionales à établir une paix sociale durable représentent aujourd’hui des enjeux majeurs pour une économie nationale en difficulté et une région sinistrée par le chômage et les dégâts environnementaux des industries fossiles.

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خاص – قرقنة: التوصل إلى اتفاق أولي بين الحكومة والمحتجين

أسفرت المفاوضات التي مازالت متواصلة –إلى حدود كتابة هذه الأسطر- إلى صياغة مسودّة اتفاق أولي، تتضمن جملة من البنود والقرارات المتعلقة بتسوية أوضاع عمال منظومة البيئة والوضع التنموي بالجزيرة بشكل عام. هذه أهم بنودها


 
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تحقيق: بتروفاك ومنظومة الفساد

مسار المواجهات بين الأهالي وشركة بتروفاك الذّي انطلق منذ بداية السنة الجارية، والتركيز الإعلامي الموجه الذّي قسّم الشارع إلى مؤيّد لمطالب مواطني قرقنة ومستنكر لها، تغافل عن تناول مسألة أخرى لا تقلّ أهمية حول الشبهات التي تحوم حول عقد استغلال غاز حقل الشرقي وتورّط المسؤولين في الشركة بصفقات وتفاهمات مع أفراد عائلة الرئيس السابق زين العابدين بن عليّ. قضيّة تنفض الغبار عن حجم الفساد الذّي ينخر قطاع الطاقة والثروات الطبيعية في تونس.

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Kerkennah-Affaire Petrofac : Retour sur un tissu de mensonges médiatiques

Accusations sans preuves, diabolisation des protestataires, stigmatisation de la population de Kerkennah, certaines chaînes tv se sont converties en usines à intox, entre le 19 et le 22 septembre, période des négociations entre le gouvernement et les acteurs sociaux représentants de Kerkennah. Après notre focus sur le fantasme Hizb Ettahrir, la suite sur un tissu de mensonges.

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Kerkennah : en première ligne du changement climatique et de la résistance à l’industrie fossile

La Petrofac n’a pas repris ses activités hier, mercredi 15 juin, comme l’avait annoncé mardi dernier, le ministre de l’Energie et des mines. Ahmed Souissi, le représentant de l’Union des chômeurs diplômés à Kerkennah a expliqué que la reprise est tributaire de la satisfaction des revendications des habitants. Les médias dominants ont largement relayé la réunion ministérielle de samedi dernier au siège du gouvernorat de Sfax, la présentant comme une solution aux problèmes de Kerkennah. Mais selon Ahmed Souissi, les habitants ont boycotté cette réunion. Alors que les autorités focalisent sur la création d’une entreprise de services pour embaucher les chômeurs, les habitants de Kerkennah, exigent la création d’un fonds de développement, la lutte contre la corruption, le départ du directeur de Petrofac et plus de redevabilité des entreprises pétrolières. Au-delà des soubresauts de l’actualité, comment le choc entre néolibéralisme et changement climatique pourrait se révéler calamiteux pour l'archipel et ses habitants ? Enquête.

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Reportage à Kerkennah : Les raisons de la colère

Après les affrontements du 04 avril entre les protestataires et les forces de l’ordre, Kerkennah a connu un calme précaire, jusqu’à la nuit du 14 avril. Une période durant laquelle la contestation sociale s’est retrouvée acculée à se heurter aux tentatives policières cherchant à l’étouffer. Nawaat y était pour mieux comprendre les raisons de la colère des habitants de l’archipel. Reportage.

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قرقنة: حصار الأهالي لحماية مصالح بتروفاك

تجددت الاحتجاجات بعد ظهر اليوم بجزيرة قرقنة، حيث تجَمهَر عدد من المواطنين بميناء سيدي يوسف للتنديد بالاعتداءات الأمنية التي طالت الأهالي ليلة البارحة، وقد عمدت قوات الأمن إلى تفريق المتظاهرين باستعمال الغاز المسيل للدموع، وهو ما أدى إلى اندلاع اشتباكات انتهت بانسحاب الوحدات الأمنية من الميناء. وفي نفس الوقت عادت المواجهات أمام منطقة الأمن الوطني ببوعلي، ومازالت متواصلة إلى حد الآن. وأكد شهود عيان لنواة انطلاق زوارق عسكرية منذ قليل من القاعدة البحرية بصفاقس في اتجاه قرقنة من أجل تعزيز التواجد الأمني بالجزيرة.

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قرقنة: بتروفاك واستقالة الدولة

أخذ التحرك الإحتجاجي في قرقنة منعرجا أحال الأزمة الإجتماعية إلى طريق مسدود. فالحضور الأمني المكثف، الذي وصفه متساكنو قرقنة ب”الإحتلال“، اضاف إحتقاناً زاد الوضع تعقدا. كاميرا نواة تحولت على عين المكان للتمحيص في اشكاليات ظاهرها ظرفي و باطنها يختزل تراكمات تعكس ضعف الدولة في إدارة الأزمات و قصورها على الإلتزام بتعهداتها.


 
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قرقنة: 500 عون بالمدينة واعتقالات في صفوف المحتجين

وصلت صباح اليوم الاثنين 8 سيارت أمنية إضافية إلى جزيرة قرقنة، ليرتفع الحضور الأمني إلى حوالي 500 عون، منتشرين في مقر شركة "بتروفاك" وفي مركز الرملة وسط قرقنة وفي مداخل الكثير من العمادات. وتشهد المنطقة حالة احتقان خصوصا في مليتة التي مازال يواصل المحتجون فيها غلق الطريق.