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Depuis le 14 janvier 2011, le discours politique des uns et des autres vénère le « peuple » Tunisien et maudit le président Ben Ali et les trabelsi. Le « peuple » tunisien serait donc un « grand peuple » et personne n’oserait dire le contraire. Au risque de choquer certains, osons quelques remarques à ce propos : Ben Ali a gouverné 23 ans avec les tunisiens. Il n’a donc, pas importé un peuple. Combien de personnes parmi les 11 millions, que nous sommes, n’ont pas composé avec le système Ben Ali ? Combien ont remit actuellement en cause leur comportement ?

Ceux mêmes qui flattaient Ben Ali pour légitimer leur « existence » ici et là, flattent actuellement l’équipe au pouvoir. Ceux qui ne travaillaient pas continuent à ne pas travailler. Ceux qui pratiquaient le favoritisme et le clientélisme ont gardé les mêmes méthodes. Les spéculateurs sans scrupules continuent à spéculer. On s’adresse au peuple comme s’il s’agit d’un ensemble homogène, comme si tout le monde a subit de la même manière le système Ben Ali.

Comme si personne ne l’a soutenu. Résultat tout le monde parle de révolution mais rares sont les personnes qui ont remit en cause leurs habitudes contraires à la citoyenneté. Le pire certains d’entre eux profitent de la fragilité de la période actuelle, pour mieux faire passer leurs magouilles, quand ils ne sabotent pas carrément les honnêtes personnes. Leurs armes essentielles sont la diffamation et la bassesse « comme au bon vieux temps ».

Pour des calculs électoraux, les hommes politiques ont flatté le peuple, ils lui ont fait croire qu’il a réalisé une révolution unique au monde. Il y croit ! il attend sa récompense. Il garde intactes ses « fâcheuses » habitudes, mais il est persuadé d’avoir réalisé une révolution !

Dans cette dynamique de flatterie, le système débouche sur des grands paradoxes, par exemple : alors que le choix politique est libéral, le discours politique parle d’assistance !

Il me semble que cette dynamique, cache l’incapacité de l’élite à fédérer le peuple autour des valeurs essentielles telles que l’équité, le travail et la vraie citoyenneté.

Ils limitent le débat à la question identitaire, les uns, pour nous faire peur des périls de l’obscurantisme, les autres, pour nous garantir sa protection à coup de slogans, alors que nous sommes manipulés et engloutis par le règne du consumérisme et du matérialisme qui guide souvent nos comportements.

Les politiques devrait arrêter de flatter le peuple, de le mettre devant ses responsabilités. Il leur faudrait beaucoup de courage, de fermeté, de modestie, pour reconnaître que les problèmes sont difficiles et que les solutions faciles ne sont que de la démagogie. L’élite doit surtout reconnaître sa faiblesse à être innovante et indépendante par rapport aux pouvoirs de ce monde.

Bref, comme disait Stendhal : il s’agit de ne flatter personne, pas même le peuple…

Disons franchement que notre révolution reste à faire…