Alors que tout le monde s’intérésse à l‘affaire Baghdadi Mahmoudi, je traiterai l’affaire dans un contexte assez différent de ce qui a été posé jusqu’à maintenant. Je me pencherai sur les partenariats de la Tunisie avec l’étranger .. Faut-il plûtot s’orienter vers nos confréres arabes, tiens comme les Lybiens par exemple, ou faut-il faire les beaux yeux à l’Europe, notre premier partenaire actuellement.

Aprés le premier et le deuxième article, le troisiéme épisode de la série “Analyse du paysage tunisien” portera sur les possibilités de partenariats que peut envisager la Tunisie.

Avant les élection du 23 Octobre, les positions des partis sur la question d’un partenariat économique arabe au dépens d’un partenariat privilégié avec l’Europe ont été exprimés en réponse à la question de TuniVote: Êtes-vous pour que la Tunisie devienne le partenaire privilégié de l’Europe aux dépens de l’établissement d’une structure économique arabe?


Une petite analyse …

Une structure .. économique .. arabe! Hmmmm, ça sonne comme l’union .. du Maghreb .. arabe, qui est resté un accord sur les papiers depuis l’éternité .. Une structure économique arabe est une simple illusion au vu de ce que qui se passe en ce moment dans le monde arabe et au vu des guerres qui se profilent dans le moyen orient. L’Europe telle qu’elle est maintenant .. C’est pas la joie non plus! Avec la quasi implosion de la Gréce et la dégradation des banques espagnoles et italiennes, la crise en France et une Allemagne qui essaye déséspérement de jouer les pompiers un peu partout, il est difficile qu’on nous accorde un slot dans l’agenda Européenne pour discuter du statut de “partenaire privilégié”. Et puis de toute facon, en voyant comment l’Allemagne malméne la Grèce et l’oblige à prendre des mesures draconiennes pour avoir le paquet de conjoncture au goutte à goutte, on se demande si cette “union” Européenne serait un partenaire “privilégié”.

Ainsi soit-il, Afek argumente son OUI par une vision à court terme des choses “Encore une fois pourquoi aux dépens? L’Europe est plus prioritaire sur le court terme mais cela n’empêche pas le renforcement de nos relations avec les pays arabes”, c’est logique puisque pour le moment notre dépendance vis-à-vis de l’Europe est remarquable. Ettakatol refuse avec une argumentation basée sur le plus long terme: “nous voulons instaurer une union arabe et faire en sorte que les relations arabo-européennes s’établissent sur des bases plus équitables et dans le respect des principes de co-développement et de prosperité partagée. En bref des relations arabo-européennes gagnant-gagnant.”.

Argument logique, c’est vrai qu’une vraie union arabe pourrait faire un face à face digne à l’Europe. Malheureusement, cette thése reste actuellement idyllique vu l’osmose dans laquelle les pays arabes se trouvent actuellement … A mon avis, la prochaine étape dans une vraie union arabe commence pour notre pays par instaurer un grand Maghreb uni, au moins économiquement : le marché est remarquable avec pratiquement 80 millions d’habitants, les cultures sont similaires et le portefeuille de produits est trés varié. Cette premiére étape atteinte, on pourra alors chuchoter d’une union arabe .. Maintenant, on en est trés loin.

Le PCOT est contre le fait que la Tunisie devienne le partenaire privilégié de l’Europe aux dépens d’une union économique arabe. Je doute fort qu’il soit chaud pour cette union arabe .. Le souci énorme des communistes partout dans le monde, c’est de devenir une force géo-politique et industrielle par le moyen des propres ressources humaines à l’exemple de l’ex-URSS, la Chine ou la Corée du nord. Nos communistes nous ont-ils livré leur feuille de route pour la croissance démographique du pays ? Avec plus de 25% des Tunisiens sous le seuil de la pauvreté, pouvons-nous nous permettre une explosion démographique pour labourer la terre et produire dans des usines… qu’on a même pas… A eux de répondre.

Le NON catégorique de la nahdha me fascine :-) En fait, ce que j’aime bien chez la Nahdha, c’est que quand ils croient en une chose, il est extrêmement difficile de les en faire renoncer! La Nahdha croit fermement au fait qu’un jour tous les pays arabes seront gouvernés par la famille politique islamique et donc une union arabe, économique, soit-elle que politique, serait facile à construire. Je crois qu’ils savent que leur NON est un non à long terme, mais comme ils y croient, c’est simple. .. c’est un NON :-) le CPR lui par contre se la joue un peu Nassiri… D’ailleurs, ca n’a pas changé depuis. Mr Marzouki est un peu nationaliste quand même, aprés les élections du 23 Octobre, il est directement parti “réconcilier” Marocains et Algériens… en vain malheureusement. Ah, à ce propos, c’est pas lui qui a traité le tourisme de “seules invasions pacifiques que l’humanité a connues. C’est la seule fois où des hordes de Français débarquent en Tunisie et ils n’occupent pas le pays. Ils prennent juste des photos et rentrent chez eux. Dans l’histoire, ce n’est pas connu” …

Mon point de vue est le suivant: en relations extérieures, c’est trés simple, c’est donnant donnant, basta. Et je ne vous cacherai pas une réalité dure mais, assimilez-la puisque tant qu’on est en période de détresse il n’y a rien à perdre à encore prendre sur la gueule: l’Europe messieurs dames s’en fout de nos dattes, de notre quantité trés limitée d’huile d’olive qu’on n’arrête pas de vanter, et n’en parlons même pas de notre tourisme qu’il faut complétement réformer. A titre d’exemple: en Allemagne, nos dattes se vendent à 4 Euros le Kilo dans les superettes turques pendant le Ramadan et personne à part nous, Tunisiens nostalgiques, ne s’y intérésse, c’est presque malheureux de voir les paquets les uns sur les autres s’entasser jusqu’au débarras!

Un autre exemple plus pathétique encore: pour partir en vacances en Tunisie, on ne paye pas plus de 350 Eur aller-retour, hôtel et bouffe inclus, parfois même en all-inclusive et pourtant, le chiffre des touristes allemands, francais, espagnols ou encore italiens parle de lui même… Alors, au lieu de jouer les victimes, posons-nous la question: qu’allons nous offrir au monde pour qu’il s’intérésse à nous? Je vois deux résponses pas plus: le phosphate et les services. Bon, pour le phosphate, c’est clair, la Tunisie est l’un des prermiers producteurs au monde et donc on a un bon produit dans la poche. Pour ce qui est services, je pense qu’on a un potentiel énorme. Prenons la médecine par exemple: que ce soit la médecine dentaire ou la médecine esthétique, nos cliniques sont trés biens placées pour offrir de bons services à prix trés compétitifs et d’ailleurs plusieurs cliniques tunisiennes commencent à attirer les Européens pour des opérations qui couteraient les yeux de la tête dans leurs pays d’origine. La Hongrie peut nous faire de la concurrence, c’est pourquoi il faut à mon avis combiner les séjours cure avec d’autres offres touristiques et proposer ce que d’autres ne proposent pas… Plaisanterie vous dites, eh bien non, je proposerais un “Réparez vos dents et reposez-vous aprés à El Mahdia: seulement 1500 Eur!”. Il faut OSER pour devenir.

Dans la case services on trouve aussi les services IT que l’Inde et la Chine sont entrain de perdre principalement pour des raisons de qualité et de management des projets. En effet, avec plusieurs heures de décalage et avec un Chinois avec qui les problèmes de communication peuvent se poser, la gestion des projets devient un cauchemard. Sur ce point, on est beaucoup mieux! Tout d’abord, notre présence sur le même faisseau horaire que l’Europe nous permet une meilleure communication. Aussi, j’ai eu l’occasion de rencontrer beaucoup de jeunes dans plusieurs conférences sur l’IT et la télecommunication et je peux affirmer que nous avons une jeunesse extraordinaire et capable de beaucoup. Ce qui nous manque, c’est la volonté politique de pousser vers l’avant et de donner un coup de pouce à notre jeunesse pleine d’énergie.

On n’a toujours pas de comptes de Dinar convertible pour pouvoir proposer plusieurs services pour l’étranger et les seuls qui profitent pour le moment sont les quelques-uns qui ont des proches à l’étranger pour pouvoir leurs ouvrir des comptes ou leur proposer leurs propres comptes… Je ne demande pas de banaliser les comptes en Dinar convertible parce que ce serait une catastrophe vu l’état actuel du pays, mais au moins de traiter RAPIDEMENT au cas par cas les dossiers de ceux qui peuvent proposer leurs services aux entreprises européennes. On n’a toujours pas de culture de commerce électronique, qui fait pourtant rage partout dans le monde. Les jeunes seuls ne peuvent pas bouger les choses tant que le gouvernement n’a pas une volonté claire de changer les choses et d’éliminer les obstacles… A bon entendeur…