Aujourd’hui, j’ai vu sur la première chaine de la télévision nationale tunisienne une nouvelle émission où on met en scène des enfants de moins de 13 ans récitant le Coran. Spectacle fort réjouissant en ce mois saint, où les uns et les autres rivalisent de zèle pour capter l’attention des jeûneurs. Le problème, c’est que parmi ces enfants, j’ai vu des fillettes de 5 ans « voilées ».

Je ne vais pas entrer dans le débat religieux « pour ou contre le voile ». Je ne suis pas expert dans le domaine. Par contre, être spectateur d’une telle violation des droits de l’enfant me révolte.

La religion peut être une base pour plusieurs parents dans laquelle ils puisent l’éducation de leurs enfants. Ceci est leur droit le plus absolu. Mais peuvent-ils m’expliquer la signification d’une petite fille voilée ? Voiler une petite fille équivaut à dire que cette fillette de 5 ans peut être considérée comme un objet sexuel et de ce fait doit être protégée des regards lubrique des hommes.

Certains pourront dire que ces fillettes veulent se voiler que personne ne les force. A ceux là, je répondrai : comme toutes petites filles, elles aiment bien jouer à l’adulte en se maquillant par exemple. Dans un autre contexte, mettre le voile peut être un signe d’imitation de la mère. Le rôle de l’adulte référent et responsable est alors de signifier clairement que porter le voile ou se maquiller est « pour plus tard quand on est grand »

Dans une crèche pour enfants de Tunis, la fille de d’une amie, rentre de sa crèche en pleurant. Elle dit à sa mère « la maitresse ne m’aime pas, parce que je ne suis pas voilée !». Le jour même et comme toutes les fois où une fillette de la crèche se voile, une fête est organisée pour célébrer cet événement. Malheureusement, ce n’est pas un cas isolé.
Il est scandaleux de harceler mentalement des enfants. Il est criminel de violer l’enfance en la sexualisant. Mais le plus abject, c’est qu’une chaine de télévision nationale que paie le contribuable participe à ce génocide de l’enfance tunisienne.