Pour une surprise, ce film est une véritable surprise, mille fois plus que d’ordinaire au cinéma. Oui, Lenz. Je veux devenir fou, fou, furieux de Yosr Guesmi et Mauro Mazzocchi est l’un des rares films, à tout égard exceptionnels, qui restent en tête. Des météores filmiques chus du ciel, il a certes l’éclat solitaire, mais surtout la force d’éblouissement. Lenz qui dure six heures est, de bout en bout, touché par la grâce. Avec une libre adaptation de la nouvelle éponyme du dramaturge allemand Georg Büchner, ce long-métrage retrace les lignes d’errance d’un poète fou guetté par ses démons. S’il est un film qui ne se voit pas impunément, dans l’histoire du cinéma tunisien, c’est bien celui-là. La démarche est si exigeante qu’il est désormais difficile de rechausser ses pantoufles d’avant.