On a eu un peu de peine à trouver de l’intérêt aux films de Salma Baccar. Mais on ne tournera pas sa langue dix fois dans la bouche pour dire à quel point El Jaïda est le plus raté qu’elle ait réalisé. Salma Baccar a la main lourde et son cinéma met la plainte au passé. Près d’une dizaine d’années après Fleur d’oubli, l’auteur de La danse du feu choisit de prendre l’histoire à reculons. En trempant les orteils de ses personnages dans le bain de l’époque, ce quatrième long-métrage de fiction fait sonner les pieds plats d’une rhétorique bonne à jouer au portrait de groupe. Costumes et décors ont beau être donnés comme gages du drame historique, ce sont ici les vieux comptes qui importent. Car la grande histoire n’agit que ressaisie par les petites histoires, incarnées dans les drames personnels. Ici, comme à l’accoutumé, le drame est femme.