Le président français Emmanuel Macron et son épouse Brigitte sont en visite d’État de deux jours en Tunisie. Dans son sillage, le jeune locataire de l’Élysée a ramené avec lui une vingtaine de représentants d’entreprises françaises pour « mettre l’accent sur le développement économique du pays ».

Mais quand on passe au crible la liste des entreprises qui ont accompagné le chef d’État français, on remarque l’absence d’un membre du Top 50 des plus grandes entreprises françaises en 2017 (leaders secteur / CA) ou de poids lourds comme Airbus Commercial Aircraft, Orano (anciennement Areva, une multinationale française du secteur de l’énergie, œuvrant principalement dans les métiers du nucléaire), Veolia (chef de file mondial dans la gestion du cycle d’eau et de l’énergie ainsi que la valorisation des déchets), Dassault Aviation, etc.

20 PME françaises

Au contraire, on parle plutôt de PME ou d’entreprises spécialisées dans les domaines de prestations de services:

  • Calystene: une entreprise de solutions informatiques médicales.
  • Cmd Gears: un fabricant d’engrenages à fort couple et basse vitesse
  • ER2i: une société d’ingénierie et contractant général
  • Euromac2: constructeur de maisons passives et BBC.
  • Freelance.com: une plateforme de mise en relations  entre les entreprises et les travailleurs indépendants de talent.
  • Goavec Engineering: une entreprise spécialisée  dans la conception et la réalisation d’équipements chaudronnés et d’installations process clés en main pour les secteurs laiterie, agroalimentaire, cosmétique, pharmaceutique et biothechnologique.
  • Groupe Maisonneuve: un fabricant de citernes, fûts et d’unités de traitement des eaux.
  • Ingeteam: une société spécialisée dans l’électronique de puissance et de contrôle (onduleurs, convertisseurs de fréquence, contrôleurs et protections), les générateurs, les moteurs et les pompes, les projets d’ingénierie électrique et d’automatisation.
  • M2I: un groupement de centres de formations spécialisés en informatique, bureautique, multimédia et management, filiale du Groupe O2i
  • Müpro: un fournisseur de solutions et de produits dans les domaines de la technique de fixation, de la protection phonique et de la protection contre l’incendie.
  • Mytilimer (La Cancalaise): une société spécialisée dans le secteur d’activité du commerce de gros (commerce interentreprises) de poissons, crustacés et mollusques. Son effectif est compris entre 50 et 99 salariés.
  • Nextprotein: une entreprise qui produit des protéines à base d’insectes pour les stocks d’aliments pour animaux.
  • Sifaris: une société de conseil spécialiste dans les domaines de l’investigation numérique, des audits d’intrusion et des infrastructures et partenaire de l’Agence tunisienne de l’Internet (ATI).
  • Sim For Health: une entreprise spécialisée dans le domaine de la simulation numérique en santé.
  • Steam France: une plateforme de distribution de contenu en ligne, de gestion des droits et de communication développée par Valve
  • Stéréla: un développeur des solutions et produits innovants dans les domaines de l’électronique, l’outillage de test aérospatial, le « Smart City », la pesée dynamique des véhicules en marche, la gestion intelligente du stationnement, l’analyse du trafic routier, les systèmes d’entraînement au tir réel pour les forces armées, les stations automatiques terrestres et marines pour les réseaux d’observation météorologique et la robotique.
  • Groupe ADP: anciennement Aéroports de Paris, est une entreprise française qui construit, aménage et exploite des plates-formes aéroportuaires.
  • Toutenkamion: carrossier et constructeur d’unités mobiles sur porteurs, remorques, semi-remorques ou shelters.
  • Visio Green: une société spécialisée dans l’internet des objets (IoT) et des solutions connectées essentiellement dans le domaine de l’agriculture.
  • VSB Energies Nouvelles: une société reconnue pour le développement de projets «clé en main», construction & exploitation de parcs éoliens et de centrales photovoltaïques.

Quelle valeur ajoutée pour l’économie tunisienne ?

Certes, ces PME sont des leaders dans leurs domaines, mais on se demande quelle serait leur valeur ajoutée pour l’économie tunisienne à part des offres d’emplois avec des conditions de travail généralement précaires (une main d’oeuvre très bon marché surtout avec la chute vertigineuse du dinar tunisien) ? Peut-on parler de transfert technologique sous nos cieux avec ce genre d’entreprises ? Ainsi, tout porte à croire qu’en matière d’échanges économiques, cette visite du chef d’État français nous a offert une configuration d’un partenariat gagnant-gagnant déséquilibré pour ne pas dire gagnant-perdant, ne profitant guère aux nationaux.

Pour la petite histoire, la visite d’État du président Macron en Chine, du 8 au 10 janvier dernier, était porteuse de nombreuses promesses de contrats:

  • La signature in-extrémis d’une méga-commande de 184 Airbus A320 pour 13 compagnies aériennes d’ici à 2019-2020.
  • La signature d’un « protocole d’accord commercial » entre Orano (ex-Areva) et le géant étatique du nucléaire chinois, CNNC pour construire une usine de traitement des déchets nucléaires à 10 milliards d’euros.
  • La levée de l’embargo sur le bœuf français.
  • La création d’un centre Pompidou à Shanghaï.

Toute la différence est là !