Il y en a qui n’arrivent pas à dormir à cause des aboiements de chiens. D’autres ne ferment pas l’œil à cause des tirs de chevrotine. Les agents municipaux accompagnés de policiers parcourent régulièrement les quartiers dits à risque des alentours de Tunis en quête d’animaux errants à abattre. Il leur arrive aussi de répondre aux réclamations de riverains victimes de morsure ou des piétons craignant pour leur santé. Cette politique d’élimination menée pour des raisons d’hygiène et de sécurité, jusqu’alors relativement acceptée et utilisée comme un argument d’efficacité du travail communal, interroge de plus en plus de citoyens. Tueries en plein jour sous le nez des passants et de leurs enfants, cadavres laissés gisant, police mal entraînée qui blesse l’animal sans l’achever et autres tristes évènements poussent les pouvoirs locaux à trouver une autre option et les détenteurs d’animaux à se responsabiliser. Car après presque 40 ans de politique de l’abattage, la population d’animaux en liberté est en augmentation, de même que les incidents qui y sont liés. Un constat qui persuade, d’un côté, que tuer est d’autant plus nécessaire, de l’autre, que c’est tout à fait inefficace.