Il a fallu du temps. Il a fallu surtout des images impures et incertaines, en prise immédiate avec l’événement, pour que l’histoire s’accélère. Il a fallu des vidéos dites « amateurs », à la matière pixélisée, mal cadrées et bigarrées, pour apporter sa pierre à la lutte. Ces images parfois floues, parfois tremblotantes, souvent saisies par des téléphones portables, offrent de précieux documents sur un réel brûlant : notre perception de la révolution tunisienne de 2011 est indissociable de ces matériaux dont nous avions peut-être perdu le souvenir. Si elle contribue à lever quelques résistances suscitées par ces matériaux dans l’historiographie nationale, l’exposition Before the 14th se propose de retrouver sous ce régime de documents un exercice d’histoire immédiate et d’esquisser avec le recul une certaine intelligibilité de ses événements.