Territoire Marginal #3: Hay Hlel, survivre sans l’Etat

Le quartier de Hay Hlel est situé à moins de 4 kms du centre de Tunis, à un jet de pierres du Parlement, et à deux pas du siège le gouvernement. Il ne comprend pourtant aucun poste de police ni aucun point sécuritaire permanent depuis décembre 2010. Les habitants de la zone sont unanimes: leur relation avec l’État se limite à la carte d’identité et aux poteaux électriques. C’est dire que le quartier, dont l’histoire remonte aux années 1930, a pâti d’une politique délibérée qui l’a au fil des années marginalisé. Autant de vies confinées dans la marginalité, survivant notamment grâce aux circuits informels. Compte tenu des difficultés d’accès au marché du travail et de la fragilité des liens avec l’Etat, la plupart des habitants ont fini par créer leurs propres « alternatives » en marge de la légalité, relève le sociologue Foued Ghorbali. Mais si les institutions officielles sont quasi-absentes, les initiatives associatives ne manquent pas. Cours gratuits de musique pour les enfants, équipe de foot et aides sociales aux démunis contribuent à remédier aux promesses non tenues des responsables politiques. Le dossier brûlant est ouvert, au-delà des stéréotypes et de la stigmatisation.

Nos reportages

This feature was supported by the Rosa Luxemburg Stiftung with funds from the German Federal Ministry for Economic Development and Cooperation.
The content of this publication is the sole responsibility of Nawaat and does not necessarily reflect a position of RLS.