Sans autre grâce que celle du tâtonnement, les premières secondes d’Apparition offrent au regard la calme inquiétude d’une blancheur maculée. C’est une espèce de projection qui aurait peut-être à voir avec les fortes impressions lumineuses auxquelles nos yeux doivent s’habituer au réveil. On capte à peine des grains qui ne sont pas en attente de spectre, ou qui font commencer l’attente de quelque chose qui n’arriverait peut-être pas, avant qu’en un tour de main l’artiste ne vienne faire basculer cet étrange bain lumineux en un milieu ou une chambre de projection. On observe alors deux mains encadrant un élément rectangulaire si fortement éclairé qu’il nous aveugle sur son contenu. Nous voilà donc, du moins en apparence, devant un humble dispositif de captation.