Par Anonyme malv,

J’ai entendu comme les millions de mes concitoyens les deux discours du Président tunisien lors de ce que les journalistes appellent maintenant : le soulèvement de Sidi-Bouzid.

Après un silence coupable de deux semaines au début, Ben Ali a juste mandaté sa police de nettoyer l’insurrection.

Deux semaines après, quelques morts après, Ben Ali a daigné s’adresser au peuple à deux reprises et à chaque fois en décalage par rapport aux revendications de la rue qui ont évolué depuis.

D’une revendication sociale, elle s’est mue en revendication essentiellement politique pour des libertés de notre siècle, et contre le népostisme et la corruption de la famille du président.

La réponse de Ben Ali est restée figée sur les questions de l’emploi .. aujourd’hui seuelment lors de l’intervention du premier ministre on a vu aborder les questions de la corruption avec une réponse aussi floue et mitigée.

Ben Ali, son gouvernement et son parti historique n’ont pas saisi la colère accumulée de la rue tunisienne. Les vieux et vieillards du régime qui ne savent pas utiliser un clavier n’ont pas perçu la formidable transformation de la jeunesse tunisienne, cette jeunesse qui s’intègre dans son siècle et qui ne comprend pas que le régime tunisien ne puisse pas l’être.

Le régime a vite sous-estimé avec son arrogance policière ignare habituelle la mobilisation sans précédant de cette jeunesse contre la tentative de la cyber-police de censurer l’accès à facebook. La mobilisation relayée sur le réseau mondial fut telle que le régime fut obligé de reculer et de rétablir l’accès à facebook. Ce sont ces mêmes jeunes maitrisant parfaitement les nouvelles technologies qui font subir au régime de Ben Ali une cuisante et espérons le ultime défaite.

Le mouvement qui a commencé par les chomeurs du sud, a pris de l’ampleur pour englober des franges entières de la population tunisienne, jeunes et moins jeunes, femmes, hommes, chomeurs et travailleurs, syndicats, avocats, ouvriers et cadres ..

le mouvement est devenu une vraie révolte populaire. le mouvement a même ses hymnes et ses artistes engagés.

Le président n’a rien vu venir.

Entre-temps, le bras armé de la représsion a commis l’irréparable et a tué plus de cinquante citoyens, le dernier est un professeur universitaire à Douz exécuté d’une balle à la tête par un sniper !!

Ben Ali passe de statut de dictateur mal éclairé à celui de criminel. Les populations pacifiques ne lui pardonnent plus, ne lui pardonneront jamais. Les slogans des manifestations deviennet “Dehors Ben Ali”.

Toujours en retard, il envoie ses ministres faire du lobbying auprès des médias internationaux et faire la danseuse avec des programmes économiques d’emploi démagogiques et irréalistes, avec des concessions en retard.

Pourquoi On ne veut plus de Ben Ali ?
– Parcequ’il n’a aucune parole … il faut juste lire son engagement et sa charte du 7 novembre 1987, il y est dit entre-autres que la tunisie est assez mature pour ne plus tolérer une présidence à vie .. il est là depuis 23 ans et voudrait une nième réforme consititionnelle pour se representer en 2014 pour un cinquième mandat.
– Parceque, à l’exclusion des 5 premières années, Ben Ali, ne s’est plus occupé des affaires du pays qu’accessoirement, il n’a fait que s’occuper des affaires de sa famille et celle de sa femme .. malgré les tentatives souvent mal accéptés de lui en faire sentir l’urgence.
– Parceque Ben Ali s’est beuacoup plus comporté en chef de bande mafieuse qu’en vrai chef de l’état depuis 23 ans.
– Parceque Ben Ali a renié tous ses engagements pour une libéralisation de la vie publique tunisienne, trés peu de pays dans le monde connaissent un verrouillage aussi sophistiqué de tous les espaces des libertés (média, partis, société civile, associations, internet etc…)
– Parcequ’il n’a pas pu donner à la Tunisie, le visage qu’elle mérite .. nous sommes restés trop longtemps sans visage
– Et enfin parceque nous le valons bien mieux, sans prétention aucune.

Un dernier mot mes chers concitoyens, l’avenir est radieux même si on ne voit pas comment il sera dessiné et avec quelles couleurs, ce qui est certain, c’est que nous nous inscrivons dans une volonté d’être dans le monde d’aujourd’hui, avec nos moyens, nos balbutiements mais loin de la connerie monstrueuse qui nous a opprimé si longtemps.

Faisons confiance à nos élites choisies (sujet d’un prochain message).

Allah Yarhmek Ya Mohamed Bouazizi .. Allah Yarhem tous nos martyrs …