Par Bilel Chabbi ,

Yassine Ayari - Source : Sa page facebook

Est-ce que la rétention d’informations est moralement admissible lorsqu’il s’agit du bien du pays? Autrement dit, peut on mentir pour le bien du pays (cf Yassine Ayari entre autre)

Qui est on pour juger ce qui est globalement bon pour le pays et ce qui ne l’est pas ? Si un peuple n’arrive pas à se décider face à la Vérité, il ne la mérite pas. Lorsque les dés sont pipée, la voie de la manipulation est grande ouverte.

Ces derniers jours, nous voyons apparaître des tonnes d’informations. Le mythe de l’homme qui a dit non (Ammar), la Kasbah attaqué, le Ministère de l’Intérieur qui pointe du doigt les extrémistes, des gens qui brûlent des commissariats et récemment la vidéo du jeune homme violé.

Beaucoup se pose la question, à juste titre, de savoir qui est derrière cette diffusion d’information, cette rétention de l’information pour ensuite la diffuser au moment le plus chaotique (Rajhi par exemple).

Ce raisonnement pose au moins deux postulats faux :

1- Une personne, ou un groupe de personne, possède le monopole de la diffusion de l’information. Ce qui est faux, car , à priori, il n’y a aucun lien entre le mensonge de Ayari, les déclarations de Rajhi et l’attaque de la Kasbah.

2- Que depuis le 14 janvier, d’une période à une autre le chaos s’accélère . Ceci est faux, le chaos de l’information née de l’information elle même.

Je m’explique sur le second point. A chaque fois qu’une information capitale est donné, le “mais pourquoi maintenant” est de sortie. Si bien que lorsqu’une information comme le mythe de l’homme qui a dit non sort, on l’a lie immédiatement à des événements proches mais n’ayant aucun rapports logique.

Exemple : Yassine Ayari nous dévoile la vérité sur le rôle de Ammar durant la Révolution. Un adolescent meurt (Que Dieu lui pardonne) à Sidibouzid.

Deux informations qui deviennent : Yassine dévoile l’imposture du Général Ammar, un militaire tue un jeune à Sidibouzid fief de la révolution.

Dans l’inconscient collectif, ces deux informations ont un lien, un lien autre que temporel, comme ci l’une est la cause et l’autre sa conséquence.

De ce fait, on amplifie l’information qui devient dès lors de la désinformation de masse , et qui est l’arme la plus redoutable sur les masses. Redoutable car une fois lancé, il faut au moins dix fois plus de temps pour rétablir la vérité. Et pendant ce temps , une autre histoire surgit.

Le problème posé est d’ordre philosophique. Je prends encore une fois l’exemple de Yassine car, je pense, est typique de la bonne intention qui découle sur une action mauvaise.

Yassine nous explique que grâce à ce mensonge, la Tunisie s’est débarrassé de Ben Ali. Ses arguments sont solides, et il a très certainement raison. Il était en position de le faire, de part son père , allah yara7mou, et de sa position d’opposant. Or ce qui était bien il y a 6 mois devient dangereux aujourd’hui, comme il l’explique lui même très bien. Le problème, c’est que tous mensonges politique , stratégico-politico-sociétale (on l’appelle comme on veut) finit par se retourner contre les manipulés.

Yassine a manipulé une partie du peuple. Et je pense qu’il n’y a pas de bonnes manipulations. Peut-être qui si Yassine n’avait pas menti, le peuple serait allé plus loin, peut être que si… On ne va pas refaire l’Histoire , et faisons en sorte de ne pas refaire les même erreurs.

Qui peut se permettre de mentir au peuple en pensant que c’est pour la bonne cause?

C’est croire que le peuple est trop stupide pour la vérité, c’est croire que le peuple a trop peur d’elle, c’est ne pas avoir confiance au peuple , c’est se placer au dessus du peuple. Du genre moi je comprends mieux, vous vous êtes trop cons alors je vous mens pour vous donner du courage.

Et tout ça, depuis le 14 janvier, n’est qu’éternelle recommencement, une rumeur fout le feu aux rues, une information tronqué incendie le net tunisien, si bien que lorsqu’il y a de VRAIES informations, elles sont passées à la trappe ni vu ni connu.

Pour le coup, si je devais manipuler tout un peuple, c’est ce que je ferais, laisser libre circulation au rumeur et enterrer la vérité.