Lors de la première journée du congrès « Torture et répression au Maghreb depuis les indépendances », Hamma Hammami, SG du PCOT a rendu un témoignage personnel relatant les années de résistance contre le régime de Bourguiba. Le récit de quelques bribes de son histoire a rappelé à l’auditoire l’histoire de ce grand militant. « Pourquoi fais-tu ce que tu fais » lui demande le policier. « Pour la démocratie » répond-t-il avec candeur.

A 20 ans, il ne savait pas ce qu’est « la police politique ». Il commence la lutte contre la dictature et apprend, grâce à un ami palestinien- qu’il ne dénoncera jamais à ses tortionnaires- comment fabriquer un cocktail Molotov.
En compagnie de son camarade et ami de toujours Sadok Ben Mhenni, il militait pour une Tunisie libre. Dans cette vidéo, il revient sur ces années de militantisme, sur sa jeunesse et « la justesse de son choix » comme il le dit si bien dans son ouvrage naguère censuré et qui a été publié en 2007 « Le Chemin de la Dignité ».

M.Hammami est un indigné. Il faisait et continue à faire partie de cette minorité. Dans son livre « Indignez-vous », Stephan Hessel en parle. « Si aujourd’hui comme alors, une minorité active se dresse, cela suffira, nous aurons le levain pour que la pâte lève ».

Quarante ans plus tard, la Tunisie s’est levée. Une Révolution est née. La nouvelle génération connait peu son histoire. Avant il se faisait insulter par les thuriféraires du Parti unique, aujourd’hui il subit de temps à autre les invectives de certains mais suscite l’admiration de beaucoup d’autres. Dans cette période post-dictatoriale, la justice est encore bloquée et les tortionnaires n’ont pas été jugés. Il est venu donc le temps des aveux pour exorciser le passé face au bourreau.

Grâce à ce congrès, organisé par la Fondation Temimi pour la Recherche Scientifique et l’Information, Konrad Adenauer Stitfung, Gedenkstätte Berlin-Hohenschönhausen et la Comité contre la Torture en Tunisie, des femmes et hommes illustres se sont réunis le 3 mai 2012 pour ressusciter le passé et commencer son « traitement »…