Mise à jour : On a contacté l’un des artistes dont l’oeuvre a été choisie par la commission du ministère de la culture et il nous a informé que son oeuvre a été retenue mais qu’aucun papier n’a été signé avec l’institution concernée. M.Mehdi Mabrouk n’a pas encore donné son accord à la commission pour l’achat des oeuvres, chose confirmée lors de la conférence de Presse d’aujourd’hui.

Pour échapper à la vindicte populaire contre l’exposition du Printemps des arts de cette année 2012 jugée blasphématoire par certains, le ministère de la culture a sorti un communiqué où il se dissocie complètement de toute responsabilité en déclarant qu’il ne serait pas concerné par l’organisation.

Mieux encore, le ministère affirme que « tout en s’attachant à la liberté de création, il condamne toute forme d’agression contre le sacré comme c’est le cas dans certaines œuvres exposées. »

Ainsi, le ministère de la culture condamne clairement les artistes qui auraient “agressé avec leur art le sacré des musulmans”. Néanmoins, un détail a été peut-être omis par ce même ministère qui a lui-même acheté de cette même exposition quatre tableaux, entre autres, celui qui a beaucoup énervé les salafistes où on voit le visage d’un barbu furieux avec des dents de vampire.

En effet, lors de la dernière journée de l’exposition, on a rencontré M. Paolo Perrelli, directeur artistique du Printemps des arts. Ce dernier nous a fait savoir qu’une commission du ministère de la culture, “pour encourager les jeunes artistes”, a acheté il y a quelques jours quatre tableaux de l’exposition du Printemps des Arts.

Témoignage de Paolo Perrelli, directeur artistique du Printemps des arts

Voici les quatre oeuvres achetées par le ministère de la culture lors de cette dixième édition de l’exposition Printemps des arts au Palais Abdellia

Tableau du salafiste (à droite) acheté par le ministère de la culture

Tableau Police Politique (gauche) acheté par le ministère de la culture

Tableau acheté par le ministère de la culture

Tableau à droite acheté par le ministère de la culture

La réaction conformiste du ministère a déçu la plupart des artistes tunisiens d’autant plus qu’il n’a publié aucun autre communiqué condamnant les agressions physiques et tangibles contre les oeuvres artistiques.