Ayoub Massoudi, l’ex-Conseiller Principal auprès du Président de la République chargé de l’Information, a révélé les dessous de la troïka (Ennahdha, CPR et Ettakatol) hier soir sur le plateau de l’émission de “Fasl El Makal” sur la chaîne télé Ettounissia.

Après sa démission annoncée dans un billet sur son blog le 28 juin 2012 où il déclare que …

Le moment viendra où je parlerai, pour l’intérêt du pays, de toutes les raisons de cette démission, je ne peux dans la situation politique et sociale actuelle que respecter le devoir de réserve par amour de la patrie et par respect des institutions.

Le moment est enfin venu, après s’être déchargé du devoir de réserve. Face au journaliste Sofiene Ben Farhat, il répondra sans détour aux questions. Pour lui, la vraie crise en Tunisie n’est pas reliée aux personnes du Premier ministre Hamadi Jebali ou du Président de la République Moncef Marzouki mais touche directement au respect de la notion de l’Etat.

“Je me demande si Ennahdha reconnait l’Etat” dira-t-il. Le fait d’avoir utilisé tous les outils des institutions de l’Etat (ministères de la Défense, de la Justice, de l’Intérieur et des Affaires Etrangères) pour extrader l’ex-Premier ministre libyen à partir de l’aéroport de l’Aouina, sur un avion libyen privé et en compagnie du colonel major de la Libye, est une trahison envers le représentant légal de l’Etat et Chef suprême des forces armées.

Le dimanche 24 juin 2012, vers 10h20 du matin et non vers 5h, Baghdadi Mahmoudi était dirigé vers la Libye où la Justice est tout sauf indépendante. Le PV des observateurs tunisiens- qui sont restés à peine deux jours pour visiter les prisons libyennes- ont explicitement demandé le report de l’extradition suite à l’absence actuelle de climat adéquat à une justice et une sécurité suffisante au prisonnier.

Il est nécessaire de rappeler que dans un article de l’AFP publié le jour de l’extradition, il est dit que le Premier ministre Hamadi Jebali avait déjà annoncé le 8 juin 2012 à France Presse que la Tunisie va extrader Baghdadi Mahmoudi, avec ou sans l’accord du Président de la République.

Lors de l’entretien, Ayoub Massoudi expliquera que sa démission est due non seulement à l’annulation du discours du Président ou à l’extradition de Mahmoudi mais bien à l’accumulation d’entorses aux principes d’un Etat de Droit. L’exemple le plus flagrant fut celui de la journée noire du 9 avril. L’ex-Conseiller Principal révélera qu’il avait préparé un CD avec toutes les informations nécessaires au sujet de ce qui s’est passé lors du 9 avril, notamment dans les rues attenantes à l’av.Habib Bourguiba. Malencontreusement, certains des conseillers du Président voulaient isoler Moncef Marzouki de la réalité, chose qui a conduit à cette crise.

Ainsi, outre une défaillance au niveau du cabinet de la Présidence, l’usage d’Ennahdha des institutions de l’Etat et sa manoeuvre politique reproduit point par point les procédés de l’RCD.

“Ennahdha est en train de clonner le RCD sous un couvert religieux et plusieurs personnes du CPR partagent le même avis que moi” dira-t-il

Au sujet de son propre parti, M.Massoudi dira sans langue de bois qu’il y a une absence de direction au CPR.

Regardez l’émission Fasl Al Makal

http://youtu.be/6EEMwr4lkZc

Réponse du SG du CPR Mohamed Abbou sur radio Mosaïque FM qui persiste et signe de la justesse de l’extradition de Mahmoudi Baghdadi

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