Salle des arrivées au Port de la Goulette - Crédit image : Sana Sbouai - www.nawaat.org

Hier en fin d’après-midi une caravane européenne est arrivée au Port de la Goulette. La veille 51 personnes, dont 14 sans-papiers avaient embarqué à Gênes pour participer au Forum Social Mondial à Tunis. Cette caravane est une initiative de la coalition européenne des sans-papiers. Partie le 18 mars de Paris, la caravane a été accueillie par des associations belges, françaises et italiennes. Les gouvernements français, italien et tunisien ainsi que l’agence européenne Frontex étaient au courant de cette initiative. Le gouvernement tunisien n’a pas posé de difficulté à accueillir la caravane.

Malheureusement en arrivant hier soir à Tunis la caravane a été refoulée vers l’Italie. En effet l’armateur a refusé de ramener les sans-papiers en Italie pour leur voyage du retour prévu le 31 mars, en s’abritant derrière la législation internationale maritime qui le sanctionnerait par des pénalités financières.

La caravane des 51 personnes, militants et sans-papiers, a donc repris le bateau vers l’Italie. A leur arrivée en Italie les sans-papiers risquent d’être arrêtés, enfermés dans des centres de rétention et expulsés vers leurs pays d’origine.

Sissoko Anzouman, le porte-parle de la Coordination des Sans-Papiers (CSP 75) explique que le but de cette initiative était de permettre aux sans-papiers de parler de leur condition, eux qui sont les premiers touchés par l’absence de libre circulation pour tous. Le FSM à Tunis devait être l’occasion de se réunir avec de nombreux militants du monde entier pour parler de migration.

Suite à ce refoulement le comité de pilotage du FSM a publié un communiqué dans lequel il demande :

1) Que ces personnes soient ré-admises en Italie sans aucune poursuites ni procédure de rétention ni d’expulsion
2) Un moratoire sur les négociations entre l’Union Européenne et la Tunisie sur les accords migratoires tant que la Tunisie ne sera pas dotée d’institutions permanentes et n’aura ratifié les conventions internationales relatives aux droits des migrants. 
3) La liberté de circulation et d’installation pour toutes et tous.