Placée sous le signe de « travail et dignité », la grève de la faim de Ayoub Amara et Walid El Azouzi en est à son 24e jour. Les deux protestataires, auxquels se sont joints quatre autres chômeurs et anciens prisonniers politiques, ont dépassé la ligne rouge de l’abstinence. En effet, au cours de la semaine dernière, leur santé s’est gravement détériorée.

Les quatre autres grévistes sont Mourad Ben Jeddou, Abderazek Radaoui, Mohamed Seghir Amroussia et Mondher Atig. Ensemble, ils revendiquent toujours leur droit à l’amnistie générale et à l’intégration à la fonction publique, comme l’indique l’article premier de la loi sur la Justice transitionnelle pour les anciens prisonniers politiques.

Lors d’une conférence de presse, tenue vendredi 4 juillet, le comité de soutien de la « grève du travail et de la dignité » a déploré l’étonnante indifférence du gouvernement, et surtout du premier ministère, face à ces revendications légitimes. Avant d’entamer cette grève de la faim, les anciens de l’UGET et de l’UDC ont fait plusieurs actions de terrain et ont envoyé plusieurs demandes aux autorités. Mais il semble, selon les grévistes, que le chef du gouvernement actuel a fermé le dossier de recrutement des anciens prisonniers, sans prendre en compte les fautes administratives commises, lors du traitement des dossiers déposés.

Pour rappel, depuis sa création, la loi sur la Justice transitionnelle a fait bénéficier plus de 6453 victimes de la dictature, entre blessés de la révolution, familles des martyrs et amnistiés.

Les exclus d’aujourd’hui sont ceux qui sont toujours actifs dans l’opposition et n’ont pas accepté l’idée de s’incliner devant le dialogue national et les jeux politiques des différents partis. Pour cette raison, nous allons continuer cette grève jusqu’au bout. Soit on obtient nos droits, soit on meurt …, nous a confié Ayoub Amara avec détermination.