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Le secteur pétrolier est dans une situation tellement qu’il se trouve plongé dans un marasme total. Rien ne bouge, rien ne marche et rien ne change, depuis bien longtemps. Pourquoi ?

Après des investigations, auprès des sociétés, et une collecte d’informations, auprès des personnes du domaine, nous sommes parvenus à tirer des conclusions sur les raisons qui ont contribué à cette situation :

● Depuis quelques temps, la DGE (Direction Générale de l’Énergie) ne bronche plus. Plusieurs compagnies ont manifesté leurs dispositions à investir dans le secteur, et jusqu’à maintenant, elles attendent des réponses à leurs offres. L’attente a duré longtemps et les réponses se font attendre en flagrant irrespect des procédures en vigueur.

● L’an dernier, une compagnie a signé un contrat avec l’état tunisien pour l’exploration pétrolière, avec un permis situé au Nord-Ouest du pays, et à la surprise générale, le permis a été retiré, juste après trois mois de la date de signature du contrat, sans annonce officielle des raisons de ce retrait, et jusqu’à présent, la zone est indiquée, à la fois, comme permise et comme bloc libre, sur le site de l’ETAP.

● Depuis longtemps, l’ETAP (Entreprise Tunisienne d’Activités Pétrolières) exerce des pressions et des tracasseries administratives et techniques, à l’encontre des compagnies pétrolières qui remplissaient leurs engagements et travaillaient correctement, conformément à la législation en vigueur.

● Au cours de ces dernières années, l’ETAP, assiste aux réunions techniques et opérationnelles représentée par des personnes qui n’ont pas de pouvoir décisionnel ou de signature des accords conclus, au cours des réunions. Le report de signatures entraine, souvent, le refus de leur management de signer les minutes des réunions techniques et opérationnelles (TCM-OCM) et même les travaux, programmes et budgets proposés par les compagnies. Ce qui constitue une infraction aux accords signés par les deux parties, entrainant, par conséquent, des retards dans les travaux des compagnies, qui seront comptabilisés contre ces opérateurs à l’expiration de la validité du permis.

● Le verre a débordé, à la suite de la déclaration du ministre de l’Industrie, de l’Energie et des Mines, où il accuse l’ANC et l’article 13 de la constitution d’être derrière cette situation. Alors que tout le monde a remarqué que, personne des responsables dans ces deux institutions n’a pu avoir le courage de signer quoi que ce soit. Bref, c’est le marasme ! Et la situation du domaine pétrolier ne peut, nullement, être imputée à l’article 13 de la constitution, mais à l’absence de stratégie et de support de l’activité des opérateurs. Le renouvellement des réserves pétrolières doit être anticipé, sur une période de cinq à dix ans, pour voir leurs fruits, ce qui veut dire que la situation actuelle est due à l’absence d’action concrète de la part des autorités, déjà, il y a cinq à dix ans avant.

● Certains pétroliers, cadres techniques et administratifs, sont allés plus loin dans leurs pensées. Ils ont admis que l’état tunisien se prépare à « abandonner » l’exploration conventionnelle, sous prétexte que les réserves sont épuisées, au profit de la recherche non conventionnelle des hydrocarbures (gaz de schiste). Par conséquence, la stratégie du gouvernement s’oriente uniquement à accélérer ce nouveau créneau, au détriment des hydrocarbures conventionnelles.

De notre point de vue, en tant que technicien qui a travaillé pendant des dizaines d’années dans ce secteur, le sous sol du pays abonde en hydrocarbures, aussi bien conventionnelles que non conventionnelles, mais il est impératif d’impliquer les vrais compétences qui sont cantonnées à des travaux sans utilité réelle pour l’avenir du secteur. En effet, il suffit de savoir que tout le Nord-Ouest du pays (la Tunisie septentrionale), renferme 4 roche-mères, 4 réservoirs et 8 types de pièges : ce qui constitue les conditions principales et suffisantes pour que se forment des accumulations d’hydrocarbures. Des études élaborées, auparavant, ont montré que cette zone peut renfermer plusieurs millions de barils récupérables en hydrocarbures conventionnels.

Sans oublier la plateforme saharienne, le plateau pélagien de la Tunisie centrale, le bassin des Chotts etc… (à titre d’exemple, l’huile a jailli à travers un puits d’eau profond implanté en plein structure de Limaguess dans le bassin des Chotts, l’ETAP a été informée et n’a même pas bougé d’un doigt !) qui renferment encore un potentiel important ; sans oublier les objectifs profonds dans toutes ces régions dont la loi des hydrocarbures a été amendée, en 2008, pour encourager les investisseurs à aller vers des objectifs profonds, en faisant participer l’ETAP aux frais d’exploration, mais cela n’a jamais été mis en application.

En ce qui concerne le gaz de schiste ou huile de schiste, nous ne sommes pas contre l’exploitation de cette forme d’hydrocarbure, si les conditions que nous avons édictées dans le passé et qui ont été réclamées par la majorité de la société civile, sont remplies.

Les questions qui se posent, actuellement, sont : où va le secteur pétrolier en Tunisie ? Qu’est ce qu’on attend pour le réformer et lui permettre d’être un axe économique bénéficiaire, en mettant en place une vraie stratégie pour dynamiser le secteur et lui permettre d’être un support stratégique pour l’économie du pays et non un fardeau? Est-ce qu’on n’a pas compris que le secteur pétrolier est le système nerveux de l’économie du pays et qu’il ne supporte plus encore cette détérioration et cette dégradation ?

Un proverbe arabe dit : Innombrables sont les questions qu’on pose, mais les réponses restent prisonnières de la chaise.