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Par Said Combatta : Ex père du “où est le pétrole”

Oui on l’a compris nous avons peu de pétrole ! Soit ! Avons-nous au moins des idées ?

La STEG est une société nationale qui a construit et qui gère des milliers de kilomètres de nos infrastructures en gazoducs, elle a gagné son expertise et son savoir-faire dans le domaine à travers plus d’un demi-siècle d’activité.

La STEG publie tous ses appels d’offres et marchés sur son site web. Paricipent à ses AO les entreprises agrées par le Ministère de l’Équipement selon spécialité. Les plis sont ouverts publiquement et les cahiers de charges sont irréprochables en fond et en forme selon et en conformité aux stricts besoins et exigences de la réglementation nationale. Serte tout n’est pas parfait, mais au moins il y a ça.

La STEG a dernièrement lancé un Appel d’offres pour la fourniture et la construction de 63 km de gazoduc de 24 pouces reliant Tunis à Bizerte, l’ouverture des plis a révélé une offre moins-disante d’un Contractant Tunisien de 45 millions de dinars dont part en devise de 13 millions d’euros, si l’on ajoute les frais de supervision et de management du projet STEG (750 000 DT), l’offre est ferme et non révisable pour toute la durée du contrat, avec de faibles possibilités de variation du montant global, soit 0,750 Million de DT par kilomètre.

Le contrat est régi par la loi tunisienne et en cas de conflit jugé par les Tribunaux tunisiens.

L’ETAP est aussi une société nationale son but de permettre à l’État d’accroître son contrôle et sa participation active et directe dans les différentes activités de l’industrie pétrolière.

Elle ne publie dans la rubrique appel d’offres que des achats de fournitures bureaux, des achats de produits de nettoyage et du papier à toilette. Quand aux autres marchés de plusieurs milliards de dinars par an, c’est la boîte noire, c’est le flou le plus total. Ses méthodes de qualifications de ‘bidder list’ sont inconnues et c’est au choix des quelques décideurs, si vous désirer vous inscrire dans la ‘bidder list’ inutile de perdre votre temps si vous n’avez pas les bons tuyaux.

Il y a peu de temps l’ETAP, dans le cadre du fameux projet Nawara , et à travers son partenaire OMV, dont équipes n’ont pas ou peu d’expérience dans la réalisation de ce genre de projets, ont aussi lancé une ‘consultation’ pour la construction de 371 km du même diamètre et service que celui de la STEG ci-haut. Sur les 14 entreprises nationales et internationales ayant déposé une pré-qualification seules deux entreprises italiennes sont invitées à une soumission commerciale et se verront ouvrir leurs plis commerciaux. L’élu remportât le marché pour 140 millions d’USD, sans fourniture de pipe acheté séparément pour 100 millions de USD, tous les montants sont payables en devises si on ajoute les frais de supervision et management de projet 28,8 Millions de USD, le coût global du projet avoisinera les 538 millions soit un coût moyen de 1.450 Millions de dinars par kilomètre. Comme il est d’usage chez les partenaires de l’ETAP, les risques de déviations sont très probables, le montant final pourrait être majoré de plusieurs centaines de millions de dinars, déjà plus de 30% pour dévaluation du dinars.

Même si le projet est tunisien, le contrat est régi par la loi d’Angleterre et en cas de conflit jugé par les Tribunaux de Sa Majesté.

Ceci veut dire pour les communs des mortels, que dés le départ le coût est chez ETAP-OMV le DOUBLE de celui chez de la STEG. Ou autrement dit l’Etat Tunisien aurait réalisé le projet avec la STEG avec le même montant de la part ETAP sans recourir à la part OMV.

Le contribuable n’aura pas à payer les manques à gagner des impôts sur production de gaz par OMV de la part OMV.

Projet Nawara : Modus Operandi du Scandale Saipem ou hasard de coïncidence des faits ?

L’affaire est lié à la réalisation du lot 3 (351 km) du gazoduc GK3 par l’italienne Saipem SPA (Algeria Saipem Contracting), pour un montant de 668 millions de dollars.

Après avoir éliminé les entreprises nationales et usé des évaluations techniques pour éliminer les entreprises « fauteurs de troubles », les corrompus laisseront en course que deux entreprise SPIE CAPAG et SAIPEM qui s’entendront sur le dos de leur client pour faire des offres de 668 millions de dollars pour Saipem et 698 millions de dollars pour SPIE CAPAG.

Mais la compagnie égyptienne Petrojet remporte les Lots 1 & 2 (433 km) pour un montant de 288 millions de dollars

L’écart est trop élevé et c’est ce qui a fait beaucoup de bruit, puisqu’une enquête a été déclenchée juste après.

L’enquête menée par les magistrats milanais révèle des imbrications de l’affaire de corruption internationale qui entache sérieusement la réputation de Saipem, ENI et Sonatrach.

De nombreuses personnalités sont soupçonnées d’avoir perçu des pots-de-vin pour permettre à des groupes étrangers de décrocher des contrats de plusieurs milliards de dollars. L’affaire est formée de quatre dossiers : « Affaire Sonatrach 1, 2, 3 et 4.».

Dix-neuf personnes, dont Mohamed Meziane, ancien PDG du groupe public pétrolier, ses deux fils, huit de ses adjoints, et un patron d’une filiale d’une entreprise allemande Contal Algérie Funkwerk sont accusées de corruption.

Quatre entreprises étrangères sont également poursuivies pour obtention frauduleuse de marchés publics au détriment de Sonatrach.