moon-in-the-skype

Qu’est-ce qu’un film qui sautille sur place ? C’est un film qui veut décrocher la lune, en croisant ses deux jambes sur terre. Moins inaccessible que la lune dont il s’autorise, Moon in the Skype claudique. Sous un titre aussi ronflant, Ghatfan Ghanoom, son réalisateur, veut négocier avec le réel sans ménagement. Peut-être est-ce là une vocation que le documentaire est habilité à assumer – plutôt deux fois qu’une. Sur la ligne d’erre des exilés et réfugiés syriens, le film interroge une diaspora coincée entre les frontières de l’Europe, au croisement du documentaire et de la fiction. Filmée avec des raccordements plus ou moins hasardeux entre la France, la Grèce, la Macédoine et la Finlande, la détresse des réfugiés en zone d’attente s’enlève sur fond d’exil et d’errance. Le film s’efforce de tenir ce réel au bout de la caméra comme un objet que l’on essaie, en conservant à la bande-son toute sa violence et impureté.