Avec des fortunes diverses, les documentaires consacrés à l’immigration clandestine font souvent retomber la vague qui les porte. Bien qu’il sépare ce drame du bruit qu’il fait, Derrière la vague ne réussit qu’à moitié. Ce film de Fathi Saidi documente la tragédie des jeunes tunisiens portés disparus, dont les faits remontent aux premières tentatives de traversée clandestine vers Lampedusa, juste après la révolution en 2011. Au grand dam de leurs familles, on ne sait toujours pas si ces jeunes ont péri noyés sur les rives européennes ou s’ils sont détenus en prison, enrôlés dans la mafia ou tués. Si elles tapissent le hors-champ de Derrière la vague, leurs disparitions fonctionnent ici comme le négatif qui s’y projette et s’y absente tout à la fois.