Antonio Tajani, le président du Parlement européen était ces jours-ci à Tunis. Une visite officielle de deux jours, les 30 et 31 octobre, au cours desquels il a rencontré une flopée de responsables tunisiens. Antonio Tajani a su trouver les mots pour nous plaire. Il faut dire que nous ne sommes pas très difficiles. En réalité, ces mots qui nous plaisent procèdent d’une sorte de relation langagière circulaire avec l’Union européenne. Voilà de quoi il s’agit : portée par toutes sortes d’instances (l’Etat, la société civile, les médias, les experts, etc.) notre diplomatie du langage met en avant les mots qui plaisent aux Etats européens puis, dans un second temps, l’Europe nous les renvoie comme autant de satisfecit qui nous ravissent. Nous en arrivons à penser que ce vocabulaire diplomatique, forgé pour une grande part par les idéologues et les experts européens, dit vraiment ce que nous sommes.