Évidemment, ce n’est pas un chapitre de plus mais un chapitre en plus. Sans surprise, Forgotten de Ridha Tlili vient boucler la quadrilogie documentaire entamée dès 2011 avec Jiha et Révolution moins cinq. Nous sommes encore une fois en territoire de marge, à une cinquantaine de kilomètres de Sidi Bouzid: un an avant Controlling and punishment, le cinéaste ramène sa caméra à Sidi Ali Ben Aoun, son village natal, du côté de quelques vies ébréchées. Chafi, Férid, Abdelhak et Boujdik sont quatre amis trentenaires qui étaient aux premières loges de la révolution, avant de se retrouver deux ans plus tard aux prises avec l’usure du chômage, entre l’harcèlement policier et la précarité. Caméra au poing, l’auteur de Teriague (2008) les a suivis de 2013 à 2016, le temps de se demander s’il reste encore un fil auquel s’accrocher au moment où la tentation du djihad a commencé à s’offrir aux plus démunis d’une jeunesse livrée à elle-même.