Après le documentaire, c’est à la fiction de s’emparer des remous de l’immigration clandestine. Et sauf erreur, il revient à Benzine, premier long-métrage de Sarra Abidi, de se poser en contrechamp de ce créneau peu arpenté dans la fiction tunisienne, à travers le calvaire d’un couple quinquagénaire à la recherche de son fils unique, parti clandestinement en Italie au lendemain de la révolution et porté depuis disparu. Loin des drames de chambre, le film maintient le couple sur le fil ténu de sa détresse, en dessinant dans le dos du récit le paysage d’une région repliée dans l’ombre. Là, au sud tunisien, contrebande, chômage et crise sociale font bon ménage. L’histoire n’est pas une histoire en l’air, et la caméra de Sarra Abidi n’a pas l’œil dans sa poche.