Audition du conseil de l’IVD par la commission parlementaire des martyrs et des blessés de la révolution, le 19 mars 2018

Les travaux de l’Instance Vérité Dignité (IVD) tirent bientôt à leur fin. Mais les archives collectées défrayent déjà la chronique. La publication d’un appel d’offres en janvier 2018 « pour la fourniture ; l’installation et mise en service d’une plateforme de sauvegarde d’archivage et consultation des fichiers vidéos pour l’Instance Vérité et Dignité » a suscité les protestations de différentes associations ainsi que celles d’organismes publics. D’après la loi sur la justice transitionnelle, ce sont en effet les Archives Nationales qui doivent se voir confier la totalité des archives de l’IVD. A moins que ne soit décidée la création d’une institution de préservation de la mémoire nationale.

L’appel d’offres de la discorde

Emna Sayadi, de l’organisation Access Now souligne le danger pour la souveraineté numérique du pays que le choix d’une entreprise étrangère représente : « L’IVD a justifié la possibilité de recourir à des entreprises étrangères par le manque de capacités tunisiennes à stocker une telle quantité de données. Mais ces données sont beaucoup trop sensibles pour être stockées à l’étranger et nous avons les possibilités de stocker ces données en Tunisie. Quand bien même nous ne les aurions pas, nous pouvons investir pour les avoir ».