La voie qu’emprunte Haythem Zakaria, on n’y insistera jamais assez, n’est pas de ces demi-mesures d’un art qui s’en tient aux effets de manche. Pur, purifié au maximum, le geste qu’il engage d’une œuvre à l’autre est de haute lice. Ainsi, pour répondre à l’appel des grands espaces, il lui suffit de pétrir avec une persévérance rare la matière austère du paysage. Et c’est une idée singulière que de le faire en pliant l’image vidéo aux latitudes du temps, en faisant accéder le regard à une durée lourde en chacun de ses plans d’une sobriété voulue et d’une rigueur non moins assumée.