Après Making off et Millefeuille, que pouvait-on attendre de Nouri Bouzid ? Parenthèse apaisée ? Retour à la charge ? Ou changement de cap ? On ne sait pas si Les épouvantails a le mérite de boucler la boucle avec un sens de la petite épargne, ou s’il capitalise les marottes d’une trilogie. Ce n’est pas tant un grand come-back qu’une fausse alerte, un louvoiement qui permet à Nouri Bouzid de se rattraper sur le sujet du djihad sexuel des femmes, mais autrement qu’en mettant en scène le fonctionnement de l’endoctrinement. Sans qu’il cherche à brouiller les pistes, le film adopte d’emblée le point de vue des revenantes, ces victimes souvent passées à la trappe.