Le détenteur du record de grèves de la faim

Vidéo : Abdellatif Bouhjila : mon droit aux soins et à un passeport, sinon la mort

Assabilonline, spécial – vidéo

Abdellatif Bouhjila, ex prisonnier politique a affirmé à Assabilonline dans un enregistrement vidéo qu’il était prêt à faire la grève de la faim qu’il a commencée le 11 octobre dernier pour une durée indéterminée jusqu’à l’obtention de son passeport et du droit à se rendre à l’étranger pour traiter les maladies contractées lors de sa période d’emprisonnement. Bouhjila, qui est malade, a dit que la revendication principale de sa grève, qu’il mène pour la deuxième semaine, est son passeport, et il a insisté : « j’appelle et j’exhorte tous les êtres libres et je leur dis que soit ma liberté s’imposera, soit je mourrai » considérant que « mon passeport est ma liberté, la liberté ne se donne pas et ne se décrète pas, pour moi le passeport équivaut à la liberté, c’est pourquoi le pouvoir s’obstine à me priver de passeport, et moi je m’obstine par la grève de la faim à conquérir ma liberté, jusqu’à la mort, car un être humain est un être libre ».

Pour sa part, son père a dit que le passeport est un droit de la personne et il a lancé un appel aux parties concernées afin qu’elles lui donnent son passeport pour qu’il puisse se soigner à l’étranger, faisant part de son étonnement face à l’obstination de ces parties à priver son fils de document de voyage, document à leurs yeux plus important que la vie d’un humain ayant besoin de soins et de sauver sa vie.

Bouhjila a affirmé qu’il a présenté une demande de passeport, qu’il a effectué toutes les démarches à cette fin, mais en vain et il a ajouté : « deux ans ont passé sans que le pouvoir ne réponde à mes requêtes et j’aurais du subir deux interventions chirurgicales ». Cela n’a pas été possible et rien n’a bougé dans cette affaire jusqu’à aujourd’hui. Il a exhibé le reçu qui lui a été remis par le chef du poste et qui indique que le dossier de demande remplit toutes les conditions et : « il m’a promis que j’aurai mon passeport dans dix jours, mais deux années se sont écoulées et je n’ai rien obtenu ».

Il ne croit plus dans les promesses du pouvoir de le soigner et il exige son passeport pour se soigner à l’étranger, d’autant plus que son ami, Jean-Robert, le médecin français, lui a promis de le faire soigner.

Bouhjila a fait allusion à la campagne « Saieb Lakhdhar » menée par des militants tunisiens sur le réseau social Facebook depuis quelques jours pour exiger la « liberté de circulation et le droit à un passeport », affirmant que la privation de passeport en Tunisie n’est pas exceptionnelle mais touche un grand nombre de personnes.

Abdellatif Bouhjila avait mené en 2008 une grève de la faim pour exiger le droit à des soins mais les autorités avaient fait semblant de ne pas entendre, bien qu’il ait dû être hospitalisé dans état grave. Il dit « avoir répondu aux appels pressants d’une délégation qui m’avait rendu visite, notamment le docteur Jean Robert qui m’avait affirmé après m’avoir ausculté que ma santé s’était gravement détériorée et il m’avait pressé d’arrêter ma grève » Il avait arrêté dans l’espoir que ses revendications

Bouhjila relate qu’il est entré en prison en 1997, et qu’il en est sorti en 2007 au terme de dix années. Il a fait en prison de nombreuses grèves de la faim pour exiger des soins et que « quand je suis sorti de prison, j’ai demandé à être traité pour les maladies que j’avais et que j’avais contractées en prison, car j’étais rentré en prison en bonne santé ». En prison, il a eu une attaque cardiaque, il a été opéré à cause d’un cancer aux reins et il marche avec des béquilles, mais les autorités tunisiennes ne s’y sont pas intéressées et ne l’ont pas soigné.

L’ex prisonnier Abdellatif Bouhjila a contracté une maladie cardiaque en prison,-il a fait deux attaques- et il a eu le cancer en 2004 et on a dû l’opérer pour l’extirper. Il a eu une hémiplégie à la suite de la seconde attaque. Il a mené 26 grèves de la faim en dix ans soit plus de 900 jours. Il mène actuellement sa vingt-huitième grève et il est menacé de mort à tout moment du fait de ses pathologies multiples, qui sont à la charge de son père.

(traduction ni revue ni corrigée par les auteurs de la version en arabe, LT)

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