Assabilonline, Tunis, spécial – L’état de santé d’Hamadi Ouertatani, ex prisonnier politique, a franchi un grave seuil, la mort le menaçant, en raison de la terreur provoquée sur lui et sa famille par les descentes de police, la torture au poste de Bouguetfa et ensuite en prison, et aussi à cause de la négligence sanitaire délibérée dont il a fait l’objet en prison.

Hamadi Ben Abdallah Ben Abderrahmane Ouertatani est né le 7 juin 1952. Il est originaire de Menzel Jmil dans le gouvernorat de Bizerte. Il est marié et père de trois enfants. Il est atteint d’un cancer à un stade avancé du foie et du colon, il souffre également de problèmes cardiaques et de diabète.

Ouertatani a été arrêté une première fois en 1987, et condamné à trois ans et neuf mois d’emprisonnement, dont il effectuera six mois et quinze jours, avant d’être libéré dans le cadre de l’amnistie générale à la suite de la prise du pouvoir par Ben Ali.

Il a été arrêté de nouveau en 1991 à la suite d’une descente à son domicile, au prétexte que monsieur Ali Neffati, dirigeant du mouvement En Nahdha, se cachait chez lui. Il a été soumis à de dures méthodes de torture au poste de Bouguetfa dans le gouvernorat de Bizerte, comme l’arrachage de sa barbe, les coups de poing et de pieds, les coups de bâton, avant d’être relâché, mais cela s’est répété à plusieurs reprises, allant jusqu’à son arrestation pendant plusieurs jours.

Puis, il a été arrêté encore le 8 juillet 1995 lors d’une descente à son domicile, soumis à une torture extrême, écroué et soumis à la torture en prison, privé de médicaments et de la visite de sa famille, tout cela à la prison civile de Bizerte. Il a été condamné à neuf ans d’emprisonnement pour appartenance au mouvement de la Nahdha.

L’ex prisonnier a dit dans un enregistrement vidéo pour Assabilonline qu’il avait laissé une fortune avant son emprisonnement, évaluée à 400 000 dinars.

Lorsqu’il a quitté la prison il s’est trouvé endetté vis-à-vis de sociétés. Il avait été mis en liquidation dès son incarcération et condamné pour chèque sans provision à une peine de plus de 61 ans. Il a été privé de visite pendant plus de quatre ans et a eu une maladie aux jambes qui n’a pas été soignée par un médecin.

Ces circonstances, sociales ou sanitaires, ont eu des répercussions psychologiques, au point que lorsque sa fille Sarra lui a rendu visite en prison, il l’a prise pour sa sœur Chérifa. Il a passé toute sa peine en prison malade et non soigné, si ce n’est par des calmants lorsque les douleurs étaient très aigues. A sa sortie de prison il a entrepris un traitement sur ses propres

deniers et on a découvert qu’il avait un cancer au colon et au foie. En 2008, il a subi une intervention chirurgicale, puis a commencé une chimiothérapie de douze séances. Il a subi une seconde intervention chirurgicale après que son médecin ait constaté que la maladie s’était étendue de façon inattendue, d’où une nouvelle chimiothérapie de 12 séances complémentaires (il en a fait neuf aujourd’hui). Il est sous valium et morphine actuellement, sans compter qu’il souffre de diabète et de problèmes cardiaques.

Hamadi Ouertatani accuse l’administration de la prison d’avoir négligé son traitement et sa santé de façon délibérée, ce qui a rendu possible les métastases. […]

De notre correspondant à Tunis, Zouhaïer Makhlouf

(traduction d’extraits ni revue ni corrigée par l’auteur de la version en arabe, LT)

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