Le ministre des affaires étrangère tunisien, Ahmed Abderraouf Ounaies avec son homologue français Michele Alliot-Marie, lors de sa visite à Paris le février 2011. (Emma Foster, EPA)

Lettre ouverte à Mr. Ahmed Ouneis, ministre des Affaires étrangères du nouveau gouvernement tunisien de transition

Monsieur le Ministre,

Je pensais que votre fonction était la représentation de notre nouvelle Tunisie à l’étranger, et en cette renaissance que vit le peuple tunisien vous n’avez pas rempli votre fonction de représentant d’un grand peuple libéré du joug du dictateur et sa famille !

Après plus de 23 ans de souffrance, de meurtrissures et de frustrations le peuple tunisien s’est enfin affranchi ! Il a acquis sa liberté avec dignité par lui-même !

Et vous n’avez pas su représenter et faire honneur à cette nouvelle Tunisie ! A cette révolution

QUELLE HONTE!

Vous avez osé sans scrupules vous servir de cette lutte historique pour réaliser votre petit rêve ! «Parler à côté de Michèle Alliot-Marie, c’est pour moi un honneur, c’était peut-être un petit rêve que je faisais, et que l’histoire ou l’accélération de l’histoire m’a permis de réaliser»

Fidèle aux enseignements qui vous ont été inculqués il y a tant d’années vous avez fait preuve d’adoration sans limites vis-à-vis de votre homologue français, et quel homologue ! Madame Michèle Alliot Marie, qui s’est gentiment proposée d’envoyer du renfort en matière de savoir faire et du matériel à haute teneur sécuritaire pour aider son ami Ben Ali à mettre un peu plus à terre les tunisiens ! Quels bons vœux de démocratie adressés à ce peuple qu’elle chérit !

Nous ne nous tromperons pas sur votre admiration face à cette grande dame :

«J’aime écouter Michèle Alliot-Marie en toutes circonstances et dans toutes les tribunes»… Et d’ajouter: «Je sais que vous êtes avant tout une amie de la Tunisie, parce que la France est l’amie de la démocratie, la France est l’amie des libertés, et donc Michèle Alliot-Marie, au nom de la France, est l’amie de la Tunisie d’aujourd’hui, qui aspire à enraciner la démocratie dans ses institutions».

Sachez Monsieur le ministre que le temps où les officiels tunisiens s’exprimaient sans tarir d’éloges pompeuses au nom d’un seul et unique homme et non au nom du peuple tunisien est révolu !

Alors aujourd’hui ne profitez pas de votre position pour parler officiellement en votre propre nom ! La jeunesse tunisienne, pour sa majorité est cultivée, elle mène de brillantes études au prix de tous les sacrifices, de courage, de pugnacité pour réussir coûte que coûte et enfin réaliser ses plus belles ambitions.

Vous étiez aussi censé représenter cette jeunesse qui s’est vue trop longtemps voler ses plus belles années, ses plus beaux rêves !
Après leur avoir volé leurs rêves, leurs libertés, vous ne leur volerez pas leur révolution !

Monsieur, pourquoi après vos longues années de bons et loyaux services d’ambassadeur du dictateur et compte tenu de votre âge bien avancé, pourquoi vous a-ton sollicité ?

Quel est votre programme en matière de politique étrangère ? Qu’apportez vous de nouveau à part le culte de la personne qu’apparemment vous avez l’art de cultiver ?
Vous réaliser un rêve ?

Alors reprenez votre retraite tant méritée et votre déesse tant vénérée ne manquera pas de vous y rejoindre car à présent l’éviction de sa fonction la guette ! Vous aurez tout loisir d’en faire votre hôte privilégiée, comme tant d’autres l’ont fait ces dernières décennies au frais du petit contribuable tunisien… ! Du nord au sud de la Tunisie, Thalassos de luxe, parcours de golfs, palaces, d’Hammamet et à Djerba, en passant par le désert de Tozeur ou les hauteurs de Tabarka !

K.F Mejilssi
France