Plazza, La Marsa (Credit: Azim Haidaryan. NYT)

Plazza, La Marsa (Credit: Azim Haidaryan. NYT)

Le Plaza traîne une réputation sulfureuse et pour cause : il aurait été un lieu où de nombreuses affaires du régime Ben Ali ont vu le jour. Pourtant l’établissement était à la base une affaire familiale et ce jusqu’à ce que Boubaker Ayachi aka André O’Backar, frére du propriétaire, s’accapare les lieux, au détriment des héritiers légitimes.

Le Plaza : pour les Tunisois ce nom est évocateur. Si on a de la chance et que l’on est arrivé assez tôt on peut s’y installer et boire un verre. Pour Adel Ayachi le Plaza c’est autre chose : une bataille judiciaire qui n’en finit pas, une succession d’injustices qui s’étale sur des années.

Voilà presque trente ans maintenant qu’Adel Ayachi se bat pour récupérer le bien familial dont il estime avoir était spolié par son oncle. Cette histoire est un exemple des « magouilles » qui avaient lieu sous l’ancien régime : abus de pouvoir, trafic d’influence, détournement, corruption de la justice…

Ce vendredi 25 janvier devait avoir lieu une plaidoirie dans le cadre d’un procès en première instance sur l’affaire du Plaza. Un nouveau procés alors que l’affaire est déjà passée en Cassation il y a des années. Adel Ayachi a préfèré demander le report de l’audience pour que son dossier soit plus complet. Il tente une nouvelle fois de récupérer le bien qui devait lui revenir et qui lui aurait été usurpé par son oncle, un personnage décrit par plusieurs de ses connaissances comme “l’inestimable ami” de Ben Ali, celui qui l’avait introduit dans les milieux influents des Etats-Unis.

Adel Ayachi est le fils d’Othman Ayachi, ancien propriétaire de l’hôtel Plaza Corniche à La Marsa. Avec ses frères Adel aurait dû hériter de l’établissement. Mais alors que leur père est mourant, Boubaker Ayachi, frère de Othman, aurait profité de l’agonie de son frère pour lui faire signer un contrat qui lui pe[gview file=”rmet de récupérer le lieux.

Il est 1h du matin passé le 10 août 1981 quand Othman Ayachi, alors malade et sous sédatif, d’après le témoignage de son médecin de l’époque, « céde » à son frère Boubaker l’établissement.

Des procès sont intentés et en première instance comme en appel ils donnent gain de cause à Adel Ayachi et ses frères. Mais en 1989 Boubaker demande un jugement en référé. Boubaker est déjà à l’époque un homme de pouvoir, lié à Ben Ali. Il semble qu’il ai été consul honoraire de Tunisie aux Etats-Unis comme le prouve cette liste des consulats aux Etats-Unis. Alors que Ben Ali effectue une visite dans le pays, Boubaker Ayachi aurait profité de cette visite pour lui demander une faveur. Et voilà comment en une vingtaine de jour la Cours de Cassation se serait saisie de l’affaire et aurait cassé les jugements et donnant propriété du Plaza à Boubaker.

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Boubaker Ayachi qui avait changé son nom aux Etats-Unis pour se faire appeler André O’Backar, semble avoir été un personnage d’une importance capitale pour Ben Ali. Beaucoup le décrivent comme son parrain et son garant au sein des sphères influentes en Amérique.

Aujourd’hui l’affaire du Plaza à été soumise à la Commission d’investigation pour la recherche de la vérité et de lutte contre la corruption, et malgré l’ouverture d’une instruction après le 14 janvier l’affaire a été reportée, suscitant des interrogations.

A travers une enquête approfondie il sera donné à comprendre que le Plaza a souvent été les coulisses pour des affaires du régime Ben Ali et que André O’Backar était un homme à multiples facettes.